‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 148 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

nat a souvent confirmé Topinion de son inutilité législative en votant de très-importantes lois en deux ou trois séances *. »

Les ministres étant responsables , la chambre des députés a le droit de les accuser et de les traduire devant le sénat. Ces ministres sont aussi nombreux que dans les plus grands Étals monarchiques , et cependant il n'est point de département ministériel qui ait jusqu'à présent réalisé les légitimes aspirations du pays.

Le ministère des affaires étrangères et de la maison du roi est chargé de la direction des ambassades et des consulats. Il semblerait que la Grèce, dont la destinée est liée si intimement à celle des nationalités opprimées , ait dû se faire toujours représenter à l'étranger par des diplomates dévoués à cette cause. Combien il s'en faut qu'il en soit ainsi! Doit-on nommer un ambassadeur auprès d'une grande puissance? On choisit un membre du parti que cette puissance protège , et on envoie dans sa capitale un ami dévoué, disposé à s'incliner devant les décisions les plus nuisibles au pays. Dans une pareille

* J'abrége un passage fort dur du Spectateur de l'Orient, 27« liv., 1854.

situation , la suppression des ambassades serait une des premières économies à faire. La Roumanie el la Serbie, gui n'ont point ce fardeau, savent cependant faire respecter leur autonomie.

Les ministres de rintérieiir, de la guerre, de la marine auraient des réformes bien plus importantes à accomplir.

Les petites monarchies sont toujours exposées à être surchargées de fonctionnaires sans fonctions et d'officiers sans soldats. Cette organisation , qui n'est nullement en rapport avec leurs ressources, leur enlève presque partout les moyens de pourvoir aux affaires les plus urgentes. Il faudrait qu'elles pussent se résigner à avoir seulement les milices de la Suisse (armée , réserve et landwehr), ou les landwehr et landsturm de la Prusse , au lieu d'une armée permanente , et à ne rétribuer que les agents indispensables au service du pays. De brillants états-majors ne conviennent pas plus qu'un train dispendieux et une étiquette compliquée * à des contrées où les capitaux manquent aux œuvres unanimement

^ La petite cour de Grèce a adopté une étiquette qui m'a paru plus compliquée que celles des plus grandes cours de l'Europe.

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