PARTIE III. — LIVRE III
réclamées par la voix publique. Même dans les grands États , les hommes les plus compétents ont constaté depuis longtemps qu'il serait possible, en tenant quelque compte des principes de Féconomie politique, en s'interdisant rigoureusement les dépenses improductives , d'éviter ces crises financières qui deviennent périodiques et qui causent des catastrophes de toute espèce.
La tâche du ministre des cultes et de l'instruction publique n'offre pas de graves difficultés. L'instruction n'est point comme ailleurs sacrifiée au clergé. L'État, dans un pays tant de fois accusé de fanatisme même par ceux qui sur leur sol natal ont eu tant de vexations à subir des fanatiques ; l'État, non-seulement n'est point chargé du lourd fardeau d'un budget clérical, mais les biens des monastères supprimés peuvent servir au traitement des évêques. Le jour où ces propriétés ne suffiraient point , il serait aisé de réduire considérablement le nombre des évêchés. En effet, ce nombre était de trente en 1853*. Or, avant les dernières annexions, il n'y avait en France que quatre-vingts évéchés pour
*Spiliotaky, Renseignements statistiques sur la Grèce, tableau D.
une population de plus de trente-six millions d'âmes, de façon que certains prélats avaient un troupeau aussi considérable que les sujets du roi de Grèce.
Quant au ministère des finances, les économistes sont généralement de Tavis de M. G. Leconte qui pense que « c'est particulièrement sur l'administration des finances en Grèce que doivent porter les réformes les plus radicales. » En effet, le domaine fournira des recettes considérables le jour où le ministre des finances tirera parti des forêts , mines , salines et autres portions de ce domaine qui dépendent de son ministère.
La situation du ministère de la justice n'est pas non plus exempte d'embarras. La Grèce a fait de grands progrès en matière de législation ; mais il reste à assurer l'indépendance des avocats et des tribunaux , à faire pénétrer dans les masses le respect de la loi et à mettre son autorité sereine au-dessus des agitations des partis.
Mais que les Hellènes n'oublient jamais que dans un régime constitutionnel le citoyen ne doit point contracter la funeste habitude de tout abandonner à l'initiative du gouvernement ! A-t-on