PARTIE IT. — LIVRE IV
sérieux, mais qu'elle trouverait ainsi une source de nouveaux produits. En effet, les usuriers de village font d'énormes bénéfices en prêtant aux paysans l'argent nécessaire pour l'achat des semences avec garantie sur la récolte. Pourquoi la banque ne viendrait-elle pas au secours de ces pauvres gens en acceptant la même garantie? Sans doute, une pareille opération serait loin de fournir les fonds nécessaires pour rendre à la Grèce son ancienne fertilité ; mais un progrès en appelle toujours un autre. Malheureusement sur les bords de la Méditerranée , à Naples comme à Athènes, à Marseille comme à Âlicante, les intérêts agricoles — qui devraient tenir la première place dans les préoccupations des hommes d'État — viennent toujours en seconde ligne. On songe à satisfaire la population des villes , qui seule , croit-on , peut avoir une action politique, et l'on pense à l'agriculture quand on a des loisirs... c'est-à-dire fort rarement.. Cependant il vient un jour où l'on voudrait faire appel à ces bras robustes qui nourrissent la patrie , sans pouvoir les décider à prendre les armes. Croit-on que si les paysans français s'étaient levés comme un seul homme en 4814, ainsi qu'à
30 messënie.
la fin du dernier siècle , le vainqueur de Marengo et de Wagram eût été réduit à défendre Paris avec une poignée d'hommes, héroïques sans doute, mais incapables de tenir tête à l'Europe entière comme les soldats de 1792?