‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 153 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

eux y que ceux-ci se sont plu à voir en lui le type d'un Hellène accompli. cColetti, disent leurs biographes, sut concilier les intérêts de la liberté avec ceux du pouvoir. A la fois guerrier et administrateur, homme désintéressé, animé du plus ardent amour de la patrie, il rappelait les beaux types de la Grèce ancienne *. »

Aux yeux du parti anglais , Colelti était bien loin d'être un Aristide ou un Épaminondas ! Les hommes de cette école lui reprochaient — et leurs accusations étaient répétées par les journaux de la Grande-Bretagne — d'avoir subi servilement l'influence de la cour, corrompu le principe électif, perverti les mœurs , elc.

Lorsque la France , oubliant les griefs de 4840, se rapprocha de l'Angleterre pour entreprendre l'expédition d'Orient, les écrivains français commencèrent à croire que les journalistes anglais ne s'étaient pas trompés sur la c dépravation » du caractère hellénique et sur la manière dont les Hellènes avaient tiré parti de leur Constitution. L'article d'un publiciste, qui tient toujours

^Bouillet, Dictionnaire universel d*histoire^ art. ColetH, Gomp. Dictionnaire de conversation , suppl. , art. Coletti , par Le Bas , de Tinstitut.

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grand compte des opinions de rAngleten^e, article qui parut (1854<) dans la Revue des Deux-Mondes^ y fut accompagné des livres de MM. About, Lavallée% Texier% Rolland*, etc. où tous, voyageurs, historiens, journalistes, représentants, s'accordent à faire de la Grèce contemporaine le tableau le plus décourageant.

Il est vrai que le parti français, au commencement de la guerre d'Orient , avait cédé avec la même facilité que les deux autres à la haine que la Turquie inspire à tous les Hellènes. Les hommes politiques de ce parti ont agi les^ premiers en faveur d'un mouvement qui leur paraissait annoncer la ruine de la puissance contre laquelle Coletti avait prêté le serment d'Annibal. La France, qui les croyait plus disposés à avoir en elle une confiance absolue, irritée d'une conduite qu'elle assimilait à une défection , s'éprit momentanément des Turcs et se passionna pour « l'intégrilé de l'empire ottoman. i> Mais après avoir eu avec

* Voy. dans la Revue du 15 juillet 1854 l'art, de M. Forcade.

* Histoire de la Turquie, 1854, «ouvrage de circonstance» dit avec raison M. Vapereau.

' La Grèce et ses insurrections y 1854. *La Turquie contemporaine , 1854.

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