PARTIE III. — LIVRE III
S. Elliot*, John E. Eardley Wilmot* montrent assez quelle indignation les manœuvres électorales excitent dans TAnglelerre contemporaine. En Allemagne , le duc d'Aumale constate que le régime constitutionnel est généralement annulé par le despotisme de la police et la vénalité de la presse ^. Quant au défaut de patriotisme et à la servilité vis-à-vis des puissances étrangères reprochés à certains Hellènes , Humboldt atteste que l'Allemagne du dix- neuvième siècle n'a pas été plus que la Grèce à l'abri de ce grave danger: «Voilà, disait-il amèrement à Varnhagen d'Ense, où en est le sentiment germanique ! Ceux qui sont tenus de le protéger sont précisément les plus ardents à le trahir*. » Le spectacle qu'il avait sous les yeux dans l'Europe centrale (31 août 1853) était si désolant qu'il disait : « Dans ce triste temps un simoun étouffant souffle du Pruth au Tage. » En 1845 (2 octobre) , l'état gé-
* Thoughts on the subject of bribery and corruption at ekc^ iions,
*Is bribery iviihout a remedy, etc., and on bribery and ireating at élections.
» Voy. L'Allemagne en 4860 dans la Revue des Deux-Mondes.
* Voy. dans la correspondance de Humboldt la note de Varnhagen sur la lettre du 9 août 1855.
néral des affaires de la Prusse «l'indignait au plus haut point, » et il ne craignait pas d'affirmer que « chaque jour apportait quelque chose de pire que la veille. > Le fanatisme, tant reproché aux Orientaux, était tout-puissant en Allemagne. «Humboldt^ écrivait Varnhagen, m'a fait de singulières confidences. Il m'assure que sans ses relations à la cour (de Berlin), il ne pourrait pas vivre ici , qu'on V expulserait , tant
il est détesté des ultras et des piétistes Dans
les autres pays de l'Allemagne, ajoute-t-il, on ne me souffrirait pas davantage , dès que je ne serais plus protégé par l'éclat de ma position*.» Le bigotisme était alors tellement puissant, qu'à cette table du roi , où j'ai moi-même admiré plus d'une foisson prodigieux esprit, l'illustre auteur du Cosmos ne craignait pas de dire un jour que le ministre du culte était le contraire du ministre de l'instruction*.
Quant à ce qui regarde la France, je me bornerai à faire l'application d'un principe posé par M™ela comtesse de Gasparin. Cette dame, qui visitait la Grèce avant la révolution française de
*Note de Varnhagen du 26 décembre 1845. * Note de Varnhagen du 26 juin 1844.