PARTIE lY. — LIVRE I
occidentale. Le monothéisme est en germe dans le culte de Zeus , comme le Dieu du Nouveau Testament se fait entrevoir dans le Pentateuque. On se ti'ompe beaucoup en s'obstinant à juger Zeus d'après les légendes poétiques. On n'agirait pas plus sagement si Ton cherchait le Dieu des chrétiens dans les Mystères du moyen âge , où le Père éternel joue si souvent un 'rôle grotesque. Même plus tard, Dante, Gamoëns, T. Tasso et Milton sont obligés , par les nécessités poétiques , de donner un caractère anthropomorphique à la théologie chrétienne.
Mais croit-on que les esprits cultivés puissent prendre à la lettre la théologie des poètes ? Se Cgure-t-on que le peuple lui-même — le peuple le plus spirituel de la lerre — n'entrevit pas la vérité sous le voile des symboles? Sans doute, il était trop facile d'exciter en lui le fanatisme auquel la multitude est aussi portée de nos jours qu'à cette époque ; mais la philosophie grandissait chaque jour en influence, comme l'attestent les nombreux disciples des Socrate, des Platon, des Aristote et des Zenon. La peine que les Israélites avaient à se représenter Jéhovah autrement que
comme un Dieu national excuse les tergiversais.
318 LA CITÉ d'ATHÉNÉ.
lions des Athéniens et les fait comprendre en même temps. Il faut encore ajouter que les Indo- Européens sont moins portés que la race sémitique vers le monothéisme pur. Tandis que le Juif et TArabe se montrent toujours hostiles aux images , par crainte de l'idolâtrie , combien de paysans de Tltalie ou de l'Espagne^ prosternés aux pieds des statues , sacrifient toute la théologie monothéiste de l'Évangile à des saints auxquels ils attribuent sans hésitation de tels privilèges qu'on est tenté de se demander parfois si la victoire du christianisme n'a pas été plus apparente que réelle dans certaines contrées qui se croient les plus religieuses de la terre.
Pour celui qui se rend compte de la marche des croyances en Grèce , l'idée de Zeus va toujours s'épuranl et s'agrandissant.
On connaît la généalogie de Zeus (Jupiter). Ouranos , le Varouna de l'Inde , engendre Cronos (Saturne) qui le mutile , et celui-ci est , à son tour, détrôné par son fils. Ces trois personnages sont , au fond , des personnifications du ciel, un des membres de la grande dyade primitive , représenté d'abord comme un immense