PARTIE IV. — LIVRE I
armé d'un sceptre ou d'un globe impérial, qui fait une si étrange figure dans les légendes et les fabliaux. Le côté intellectuel ne tarda pas à l'emporter sur les souvenirs du naturalisme , et sur les conceptions anthropomorphiques. Zeus prit chaque jour dans l'imagination des Hellènes une forme plus en rapport avec les idées de notre lemps , et l'émotion qu'éprouva , à une époque rapprochée du christianisme, le vainqueur de Persée, à l'aspect du Zeus Olympien de Phidias, prouve que les contes grossiers , multipliés pai' le vulgaire, n'empêchaient pas le sentiment religieux de découvrir sous l'enveloppe des mythes « le conducteur de toutes choses » — celui * « qui a fait le ciel et la terre » — le « très-grand et très-glorieux fils de Cronos. »
Pendant les sept siècles qui séparent la fondation du temple de Zeus Olympien à Athènes et les derniers travaux qu'on y fit, — il ne paraît pas qu'il ait jamais été terminé — l'idée, dont ce sanctuaire célèbre, qu'on voulait rendre digne de la majesté du maître des dieux , était la réalisation , s'élaborait dans les intelligences avec des difficultés et une lenteur non moins grandes. Commencé par un pur Hellène, Pisistrate, et
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même selon la légende , par Deucalion , fils de Proraéthée , il fut continué par un de ces Hellènes asiatiques, qui firent aux croyances de la race sémitique une guerre acharnée. Antiochus Épiphane , que les livres des Juifs ont peint sous des traits si sombres, ne pouvait encore comprendre avec quelle obstination Israël s'attachait à ce monothéisme exclusif dont les Hellènes de-* vinrent plus tard les prédicateurs les plus éminents. Lorsque l'empereur Hadrien mit la dernière main àTOlympium, un Hébreu helléniste» saint Paul , plus éclairé que le roi de Syrie , avait déjà, en s'appuyant sur l'autorité d'Aratus, — qu'on remarque bien cette circonstance significative — justifié ce monothéisme devant l'Aréopage assemblé pour l'écouter. Aujourd'hui , une image sévère du monothéisme sémitique plane encore sur les débris du sanctuaire de Zeus. Sur une portion d'architrave qui unit deux colonnes, on aperçoit une cellule qui, dit la tradition, fut la demeure d'un de ces ascètes rigides, disciples de l'Asie, que l'on nommait stylites. Cette séparation absolue de la vie générale n'est-elle pas conforme au rude esprit du culte de Jéhovah , de ce Dieu qui pendant qua-