‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 162 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

rante ans voulut que ses adorateurs s'habituassent dans les arides solitudes du désert à se préserver des séductions enivrantes des voluptueuses divinités de la nature? Le mysticisme oriental a vaincu les Olympiens ; mais il s'est compromis par ses propres exagérations , et il triomphe sur des ruines, avec la sauvage fierté des colossales divinités de Tlnde.

Le temple commencé par Pisistrate et continué par les Pisistratides devait être d'ordre dorique comme tous ceux de cette époque. Les débris qui existent maintenant appartenant à l'ordre corinthien, on est obligé de conclure qu'il ne reste rien du premier édifice. Peut-être l'antipathie qu'inspirait le souvenir de l'homme qui avait attenté à la Constitution d'Athènes, empêcha-t-elle d'achever le monument. Cent soixantequatorze ans avant le Christ , le Séleucide Antiochus Epiphane chargea l'architecte romain Gossutius d'exécuter le magnifique édifice qui porte le nom d'Olympium. Malheureusement depuis Mummius les Romains avaient pris l'habitude de piller la Grèce , tradition dont tant d'envahisseurs ou de prétendus admirateurs des arts ont hérité. Lorsqu'il saccagea Athènes (187

S^à LA CITÉ d'ATHÉNÉ.

avant Jésus-Christ), le farouche représenlant du patriciat romain Sylla emporta des colonnes du temple et les portes en bronze avec leurs chambranles pour en orner le temple de Jupiter capitolin. Malheureusement ce n'était pas la fin des déprédations. Galigula fit porter au capitole la statue de Zeus. De pareils larcins donnent une idée de toutes les chances hostiles qu'ont traversées les monuments d'Athènes. On ne s'étonne que d'une chose , c'est qu'il ^ reste encore des ruines, qui font justement l'admiration du monde. Les Antonins se montrèrent plus bienveillants pour Athènes. Ces Césars, les plus éclairés et les meilleurs des empereurs romains, se rappelèrent qu'ils devaient à la philosophie hellénique leurs plus hautes inspirations. Hadrien, quoiqu'il né valût pas ses successeurs, les Antonin-le-Pieux et les Marc-Aurèle, ambitionna le titre d'être « le restaurateur d'Athènes. » Cet empereur dédia à Zeus le temple dans lequel il plaça une statue colossale d'or et d'ivoire. Plus heureux en apparence que le Séleucide Antiochus, il anéantit à Jérusalem les.restes du mosaïsme. Cependant la religion opprimée, qui s'était unie aux éléments les plus purs de

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