‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 163 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

rhellénisme, devait bientôt triompher du paganisme philosophique, mais impuissant à réformer le monde, de la dynastie antonine. Bien des siècles auparavant , Eschyle avait prédit par la bouche de Prométhée enchaîné que Zeus descendrait un jour du trône de TOlympe, et que le Titan trouverait un vengeur.

Prométhée est vengé ! De ce temple magnifique qui a coûté plus de trente-huit millions de fi^ancs , il ne reste debout que quinze colonnes. Une seizième gît à terre, pareille au cadavre d'un géant. On ignore à quelle époque Tédifice a été renversé. On sait seulement que. les Turcs , dignes continuateurs des Sylla et des Galigula , se servaient des pièces de Tarchitrave et des dalles pour faire de la chaux ! Les colonnes qui ont échappé à tous ces désastres — la colonnade était immense , le temple étant environné d'un double rang qui même était triplé à chacune des façades — quoique beaucoup plus élevées que celles du Parthénon, sont loin d'avoir la même perfection artistique. Le style est déjà dégénéré. Cependant l'élégance des chapiteaux corinthiens et la beauté du plan sont assez supérieures à l'époque de l'empereur Hadrien pour ri ^^

326 LA CITÉ d'athéné.

qu'on soit disposé à en attribuer le mérite à Cossutius et aux artistes qui le secondèrent dans l'exécution de cette grande œuvre. La cannelure gracieuse des colonnes, leurs formes élancées qui se dessinent sur l'azur profond du ciel , l'attitude pittoresque du groupe qu'elles forment, la vue du mont Hymette et de la mer , tout laisse dans l'imagination un de ces tableaux achevés qu'on ne saurait oublier.

Le Parthénon prouve que dans la pensée des Athéniens le culte d'Athéné occupait une place plus importante que celui du Dieu suprême luimême* Cette singularité n'est pas aussi difficile à expliquer qu'on peut le croire en considérant la religion hellénique comme un fait isolé. En réalité, aucune religion n'est isolée ; toute religion étant sous une forme nationale la manifestation des idées générales d'une race. Les croyances des Hellènes se rattachent donc par des liens intimes à celles des autres Indo-Européens. Or la base du système religieux de cette race est que le Dieu suprême , le Père du monde de Platon , le Brahm de l'Inde , l'Ormuzd de la Perse, etc., se manifeste par son Verbe. De même que Brahm, l'invisible idéal de l'univers ,

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