‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 164 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

ne devient intelligible pour rhumanité que par Brahmâ, le Dieu créateur, ainsi Âthéné, née du cerveau du Père, pensée vivante du Dieu <i très-bon et très-grand:» , incarnation de son intelligence, le représente auprès des mortels. Les peuples de race sémitique ne sont pas restés étrangers à ces conceptions. Dans plusieurs livres des Hébreux, la Sagesse personnifiée joue le même rôle qu'Athéné*. LesChamites (Couschites) euxmêmes semblent avoir sur ce point la même théologie, autant qu'on en peut juger par ce qui nous est pai^enu des dogmes de l'ancienne Egypte.

Considérée dans son essence, la doctrine du Logos n'a pu être, comme on le croit généralement, révélée aux Hellènes par les chrétiens, puisqu'elle se trouve dans Platon et même sous des forme symboliques, dans la religion populaire , dans cette Athéné que M. le pasteur Réville appelle «un Verbô mythologique, coessentiel à celui qui l'engendre , semblable à lui par sa nature et le révélant au monde. » Cette doctrine était destinée à servir de trait d'union entre

* Voy. plusieurs passag^es très-curieux des livres sapientiaux, très-bien commentés dans Vacherot, Ecole d'Alexandrie,

328 LA CITÉ d'athéné.

les religions sémitiques et les religions indo-européennes. Les Indo-Européens n'eussent jamais accepté le monothéisme abstrait de la race sémitique. Mais les Hébreux ayant reçu , probablement dans leurs relations avec les Perses , peuple indo-européen , la théologie du Verbe (yHonover des Perses), les disciples de Platon et ceux de la synagogue purent s'entendre aisément. Aussi les anciens pères grecs , les Justin , les Clément d'Alexandrie , les Pantène , les Athénagore , etc., sont-ils des Platoniciens convertis à l'Évangile*. L'exposition que je viens de donner du mythe d'Athéné ne saurait être rapportée aux temps primitifs du polythéisme hellénique , et le docte auteur de la Symbolique , Greuzer, s'est gravement trompé en attribuant aux hommes des premiers âges les conceptions savantes des époques philosophiques*. Athéné, dont la destinée a été si haute , a commencé aussi modestement que beaucoup d'autres dieux. «Il est peu de divinités grecques, dit très-bien M. le pasteur Réville, qui aient échangé plus complètement et plus lo-

* Voy. Souverain, Du Platonisme des Pères.

* Voy. Dr Creuzer, Symbolik und Mythologie der alten Vôlkér. Leipzig 1810-1813.

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