‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 166 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

intérêt à ces trois bêtes farouches , la chouette , le dragon * et le peuple ?»

La synagogue, comme TAcadémie, avait laissé au Verbe sa nature idéale. La religion populaire , qui en Grèce cédait à l'instinct anlhropomorphite des Indo - Européens , l'incarna dans la vierge (Parthénos) qui a laissé son nom au Parthénon. La virginité de Pallas, au milieu des autres Olympiens, exprimait très-nettement le caractère abstrait de la pensée. La force guerrière attribuée à la déesse faisait assez comprendre que la pensée divine réaHse en même temps qu'elle conçoit, c'est-à-dire, qu'elle est créatrice comme les Indiens le disaient de Brahmâ et les Perses de l'Honover. Plus tard , ces notions persistèrent dans le christianisme. Mais le Logos s'étant révélé en Jésus , la poésie attribuée à la virginité se transporta sur la tête de Marie.

Le personnage d'Athéné est donc doublement prophétique de l'avenir : en tant qu'elle est la pensée vivante du Père , elle annonce le Logos incarné ; en tant qu'elle est la vierge étrangère aux affections de la terre, mère seulement des idées , maternité immaculée qui n'altère pas sa

* Le serpent sacré de TAcropole.

332 LA CITÉ d'athéné.

virginité éternelle, elle prophétise la vierge toute sainte , la céleste Panaghia.

Le Parthénon est encore le principal ornement de r Acropole, rocher élevé de 178 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les acropoles existent , non-seulement chez les Hellènes , mais dans toute l'Europe orientale. Les Slaves leur donnent le nom de grad et de kremle. Dans le monde in(Jp-européen primitif, la société était partagée en castes , qui se sont maintenues complètement dans THindoustan sous le nom de prêtres , de guerriers , de marchands et de lahowreurs. Tandis que le Brahmane était né de la tête de Brahmâ , le Soudra était né de ses pieds. La société pélasgique pas plus que la société hellénique ne parvint pas à répudier complètement la foi aux races divines et aux races inférieures. Même à l'époque où la démocratie triomphait à Athènes , aucun Hellène n'eût voulu être confondu avec le barbare et avec l'esclave. Lorsque Aristote disait que certains hommes étaient nés pour l'esclavage et. d'autres pour la domination, il ne faisait qu'exprimer le dogme fondamental de la vieille société indo-européenne. La race sémitique eut la gloire de faire triompher en Eu-

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