PARTIE IV. — LIVRE I
comme un simple morceau de marbre. Pour comprendre cette manière de voir, il faut se rendre compte de la valeur que l'Église romaine attache encore aux objets consacrés par certains rites. Un chapelet béni par le patriarche de Rome , contracte une telle vertu que les Ave Maria dits à l'aide de ce chapelet peuvent délivreras âmes enfermées dans le Purgatoire. Il est
naturel qu'on tienne à conserver des objets qui permettent d'exercer une telle influence sur le monde des esprits !
Au pied du temple de la Victoire , commence le vaste palier qui divise en deux l'escalier des Propylées. Ce riche vestibule, œuvre la plus parfaite de ce genre, construit tout entier en marbre pentélique, par l'architecte Mnésiclès, 436 ans avant Jésus-Christ, coûta à la république d'Athènes près de onze millions de francs. La magnificence des Propylées n'empêcha pas les Turcs d'en couvrir le corps principal d'une lourde coupole et d'en faire un magasin de poudre , que la foudre fit sauter, en renversant le plafond et deux colonnes de l'édifice. Le temps et les hommes ont achevé l'œuvre du tonnerre. L'aile gauche , qui est la partie la mieux
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conservée, a été convertie en une sorte de musée.
Lorsqu'on sort des Propylées , la vue embrasse trois temples , le Parthénon , rErechthéion et le Pandrosion. Les bombes vénitiennes, qui ont respecté la tour des ducs d'Athènes , monument du moyen âge sans aucune valeur artistique, n'ont pas épargné le Parthénon.
Déjà dans les commencements du septième siècle (630), les chrétiens avaient eu la malheureuse idée d'en faire une église consacrée à la «Sagesse divine j, pour conserver un souvenir du culte qu'on y rendait à la déesse de la sagesse. Spon et Wheler le virent encore tout entier en 1676. Mais lorsque Morosini assiégea l'Acropole (1687), les bombes furent soigneusement dirigées sur la poudrière renfermée dans le Parthénon, qu'un Allemand de Liinebourg, habile pointeur, parvint à faire sauter. Le merveilleux édifice , construit au siècle de Périclès , sous la direction de Phidias , par les architectes Callicratès et Ictinos , fut pour ainsi dire coupé en deux. Les coupables déprédations de lord Elgin au commencement de notre siècle ont complété le désastre. Une grande partie des chefs-d'œuvre