‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 170 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

dont la sculpture avait enrichi le Parthénon, furent livrés par les Ottomans à ce Vandale qui les vendit au gouvernement anglais. Quod non fecerunt Gothi , Scotus fecit , écrivit lord Byron au-dessous du nom de lord Elgin sur une colonne du temple. Déjà les Turcs avaient, après la conquête^ commencé à employer des fragments de marbre à faire de la chaux, ingénieuse opération qui devint beaucoup plus active après le départ des Vénitiens. L'ancien temple avait été brûlé par les Perses , dignes précurseurs des Turcs , environ huit cents ans avant Tère chrétienne.

On n'attend pas de moi que je décrive un édifice aussi connu que le Parthénon. Toutes les formules d'admiration semblent épuisées. D'ailleurs , les descriptions dues à la plume de voya- , geurs qui ont vu l'édifice encore presque entier ont un intérêt que n'auraient jamais celles qu'on essaierait aujourd'hui. Tout le monde sait ce qu'en dit George Wheler, un de ces voyageurs.

La sculpture avait fait du Parthénon une merveille sans égale. La statue colossale d'Athéné , chef-d'œuvre de Phidias , ne nous est malheureusement connue que par les descriptions des

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anciens. Elles prouvent que le sublime artiste avait admirablement compris tout ce qu'il y avait d'idéal et de profond dans le type de la pensée divine incarnée dans la sévère et gaajestueuse beauté de la vierge aux yeux bleus , rayonnants comme l'azur des célestes espaces. Son casque était surmonté du sphinx, figure du mystère. Elle était armée pour combattre le mal et l'erreur, comme le Logos de Y Apocalypse, dont le regard est de flamme etqui lance de ses lèvres un glaive aussi foudroyant que l'éclair. JAussi tenait-elle d'une main la lance , et de l'autre une Victoire , double symbole de la puissance qu'elle exerce dans ce monde pour amener le triomphe définitif de la raison et de la justice. Sur la face extérieure du bouclier posé à ses pieds, on voyait le combat de Thésée contre les Amazones ; sur l'intérieur, celui des dieux et des Titans ; sur sa chaussure, la bataille des Lapitbes contre les Centaures, formes variées et significatives de la lutte éternelle de la vérité combattant contre les forces aveugles ou brutales qui perpétuent dans l'univers le désordre et l'ignorance. Lorsque les matelots cinglant vers le Pirée , apercevaient de loin le glorieux rocher de l'Acropole , ils pouvaient

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