‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 173 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

. Mais la guerre troublait, à cette époque, encore plus la sécurité des peuples que la turbulence des particuliers. Or les émigrations forcées, en obligeant les nations à changer de milieu et d'impressions, modifiaient leurs opinions religieuses. Les Pélasges , qui furent contraints de fuir l'invasion hellénique dans des îles volcaniques, telle que Lemnos, ne tardèrent pas à regarder le feu mystérieux sorti des entrailles de la terre comme plus digne de leur vénération , que la flamme douce et claire qui brille au foyer domestique, et Héphaestos l'emporta sur Hestia. De Lemnos , son culte fut porté à Athènes , où il devait devenir populaire parmi les artisans actifs et industrieux de l'Attique. En effet, ce culte représentait dans une sphère d'idées moins élevées, des tendances déjà signalées dans l'interprétation du mythe d'Athéné. Le feu , à cause de sa puissante vertu plastique , élant aussi considéré comme un agent créateur, une sorte de démiurge , le dieu qui en était la personnification fut regardé comme le type des ouvriers, des mécaniciens et des artistes. On voit également dans les Védas, Agni, le dieu du feu, transformé avec le temps en* dieu créateur et

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conservateur. La légende d'Héphaestos est Fev pression de ces diverses conceptions. Dans certaines traditions, il a pour mère la seule Héra, qui veut prendre sa revanche de la naissance d'Athéné. Mais Tironie qui s'attache à cette insurrection passagère- du modèle des matrones, fait échouer en partie cette tentative. Le fils d'Héra ne peut recevoir de sa mère la mâle beauté que Zeus accorde à sa noble fille. Mais lors même qu'on lui donne pour père le maître des dieux, il est précipité du ciel, dont on faisait toujours descendre la flamme. La chute le rend boiteux , parce que le feu vacille au moindre souffle de l'air. L'amour malheureux qu'on lui attribue pour Athéné indique et l'affinité qui existe entre ces deux divinités et la supériorité de la déesse démiurgique du Parthénon. Cependant, comme la Grèce ne concevait point que l'ouvrier fût privé plus que J'artiste des conseils de la beauté , tous les mythes marient le rude forgeron de Lemnos à une épouse séduisante, tantôt à Charis (la Grâce), tantôt à Aphrodite qui, si l'on en croit VOdyssée^ lui causa plus d'un souci par une humeur volage , figure significative des caprices de l'inspiration.

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