‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 174 sur 339 · PAR-RIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PAR-RIE IV. — LIVRE I

Le feu était un symbole trop expressif et trop populaire pour être abandonné par les premiers chrétiens. Le Logos, dont le Père s'est servi afin de créer le monde, ayant été identifié avec la lumière dans le quatrième Évangile, le Christ fut représenté par un flambeau allumé, comme il Test encore maintenant par le cierge pascal. La cérémonie du feu de Pâques , telle qu'elle est pratiquée dans l'Église orientale*, a pour point de départ les mêmes croyances, et la façon dont la flamme sacrée se transmet, rappelle d'une manière frappante les courses aux flambeaux des Panathénées et des fêtes d'Héphaestos à Athènes. Si le feu jouait en Grèce un grand rôle dans le culte de la Sagesse , fait qui n'est pas contestable , il ne tient pas moins de place dans une religion dont les apôtres reçoivent l'Esprit saint sous la forme de langues de flamme.

Dans un pays tel que l'Attique, où la marine rendait tant de services , où Poséidon disputa à la fille de Zeus l'honneur de protéger Athènes, les divinités maritimes ne pouvaient être oubliées. Sur un des monticules deColonos, on

* Voy. La Vie monastique dans l'Eglise orientale, 2« édit.

348 LA CITÉ d'athéné.

montre encore les raines du temple de Poséidon Hippios, créateur des chevaux, symbole deTélément humide , que Thucydide dit avoir été situé à deux stades au nord d'Athènes. Un monument mieux conservé nous donne une juste idée de la manière de représenter les dieux dont il importait fort aux marins d'obtenir les

bonnes grâces. La tour des Vents est située au pied et au nord de l'Acropole. «Ceux, ditVitruve , qui ont recherché avec soin la différence des vents , en ont compté huit^ et particulièrement Andronicus Gyrrhestes , qui bâtit pour cet effet à Athènes une tour de marbre de figure octogone , sur chacun des côtés de laquelle était l'image de l'un des vents à l'opposite du lieu d'où il souffle. Sur cette tour qui se terminait en pyramide, il posa un Triton d'airain qui tenait une baguette de la main droite, et la machine était ajustée de telle sorte que le Triton en tournant, se tenait toujours opposé au vent qui soufflait et l'indiquait avec sa baguette*. » Des cadrans solaires sont tracés sur le mur au-dessous des huit figures allégoriques dont on admire le beau style.

^ Vitruve, De V architecture, liv. 1er, ch. 6.

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