‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 177 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

peint dans la sacristie les actions de Saint-Benoît. Mais les œuvres diffèrent autant que les époques , et le patriarche des moines occidentaux raccommodant par une bénédiction une assiette cassée ou donnant la chasse au diable ressemble assez médiocrement au fier vainqueur des tyrans et des monstres.

Saint George est, au contraire, un véritable Thésée chrétien qui, après avoir triomphé du dragon, devait naturellement prendre dans le Théséion la place du fils d'Egée. Aussi le Théséîon lui fut-il dédié en 667. Plus tard les Turcs, dont on connaît le génie artistique , le transformèrent en écurie. Maintenant on y réunit les précieux débris que les fouilles font découvrir chaque jour. Ce musée deviendrait fort riche si on rendait aux Athéniens tout ce qui leur a été pris. En contemplant à Venise, à la porte de Farsenal, le lion de marbre qui était à deux cents pas du Théséion , et qui a été emporté par Morosini , j'ai souhaité bien des fois que le lion de Saint-Marc, délivré de ses fers, pût renvoyer dans la ville de Thésée le captif du célèbre doge.

Sur le monument du Syrien Philopappus , qui s'élève au point culminant de la colline de

854 LA CITÉ d'athéné.

Musée, au sud de l'Acropole, on voit, au-dessous de la niche du milieu , le char de triomphe d'un personnage qui a , par une exception extraordinaire, reçu l'apothéose de deux religions ennemies. Devenu « Dieu j> {divus) en sa qualité de César, Trajan, «le très-bon , le germanique, le dacique * » a reçu des chrétiens les honneurs les plus extraordinaires. Les Roumains, qui voient en lui la personnification de l'Italie orientale , lui ont créé une légende fort originale. Les Latins occidentaux n'ont pas été moins généreux , et Dante a mis dans le paradis le « trèsbon T> empereur qui persécuta les chrétiens et dont la vie fut abrégée par les vices étranges dont les tout-puissants successeurs d'Auguste furent rarement exempts. Mais on ose à peine parler des défauts d'un souverain, d'ailleurs remarquable, quand Commode et Caracalla ont reçu les honneurs de l'apothéose.

Le théâtre faisait chez les anciens Hellènes partie des solennités religieuses. Il en était de même des mystères du moyen âge , où Jéhovah

' Tels sont les titres que lui donne une inscription qu'on lit sur un pilastre du monument. Malgré cette inscription, il n'est pas certain que la composition principale représente son triomphe.

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