‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 179 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

ait survécu. On croit que ce monument, vulgairement nommé Lan^em^ de Z)mo5/Aène5, a été érigé par la tribu Acamantide, parce que Lysicrate avait donné a ses frais une représentation théâtrale , où les enfants de sa tribu eurent l'avantage, et qu'il couronna le monument du trépied qu'il avait obtenu. L'inscription qui indique l'époque de l'érection de ce petit édifice, nous apprend qu'il remonte à la fin du quatrième siècle avant Jésus-Christ, époque du passage d'Alexandre-le-6rand en Asie. C'est donc le plus ancien monument de l'ordre corinthien que nous possédions. Il est tout entier en marbre pentélique, et on le considère comme une des œuvres les plus délicates de l'art hellénique.

Les monuments de la vie politique des Athéniens n'ont pas résisté au temps , comme les édifices qui attestent leurs croyances religieuses. Mais quels édifices feraient plus d'impression que cette colline de l'Aréopage où furent jugés les dieux et les héros , et ce Pnyx où retentit la voix de Périclès , de Démoslhène et de Phocion !

Au pied et à l'ouest de l'Acropole , se trouve une étroite vallée qui sépare le rocher sacré de la colline où siégeait l'Aréopage , « ainsi nommé ,

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dit Pausanias, parce que Ares est le premier qui y ait été jugé. » On y voit encore les faibles restes d'un escalier taillé dans le roc et plusieurs niches. C'est là que comparut le plus grand et le plus populaire des apôtres , Tapôtre des nations, l'homme qui fut, après Jésus-Christ, le principal personnage du christianisme primitif, et qui fonda en même temps les Églises d'Athènes et de Rome , l'Église hellénique et l'Église latine*.

L'Aréopage établi à une époque inconnue, continua de subsister après le triomphe de la démocratie. Ce tribunal semblait destiné , à cause de son ancienneté et de son importance , à devenir un des contre-poids — du moins telle était la pensée de Selon — aux entraînements des classes inférieures. Mais ces classes étaient trop jalouses des hommes dans les mains desquels le législateur voulait laisser le pouvoir, pour ne pas transformer complètement l'œuvre de Solon. Au temps de Périclès , on vit l'élément populaire briser toutes les barrières , sans qu'un véritable esprit de justice ait jamais pu consolider la li-

* M. Archinard, Origines de l'Eglise romaine , a prouvé que saint Pierre n'a jamais mis le pied à Rome.

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