‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 180 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE I

berté. La condition des femmes était telle sous les rois qu'on effraierait fort un républicain du dix-neuvième siècle en lui proposant la constitution des anciens Athéniens ; « car , dit Varron , cité par saint Augustin, les femmes parmi eux avaient voix délibérative dans les délibérations*». La réaction contre ces vieilles lois dépassa toute limite. La démocratie ne fut pas plus équitable pour les esclaves que pour les femmes. Tout un monde d'esclaves, tel que les cariatides, aux chevelures bouclées, qui portent l'entablement du Pandrosion, supportait la société hellénique. Beaucoup mieux traités que les ilotes de Sparte , les esclaves d'Athènes n'en devaient pas moins considérer leurs maîtres comme une aristocratie solidement constituée. Cet état de choses semblait tellement naturel , que la philosophie ellemême l'accepta constamment. Platon ne vit d'autre remède aux iniquités de la société antique que le communisme , triste remède , pire que le mal, malgré l'approbation que lui ont donnée plus tard les RR. PP. Jésuites du Paraguay*.

* Cité de Dieu, liv. XVIU, ch. 9.

' Voy. Sudre, Histoire du communisme.

360 LA CITÉ d'athéné. .

Dans une société qui, pareille aux États méridionaux de la grande république américaine, formait sous le nom de démocratie, une aristocratie véritable, le plus humble citoyen avait tout le loisir nécessaire pour s'occuper des. affaires. Le tribunal des Héliastes, qui condamna Socrale à boire la ciguë, ne représentait pas comme le Sanhédrin qui jugea Jésus-Christ, les prêtres et les riches : il était composé des individus des plus basses classes. Ces juges pouvaient aller au Pnyx décider souverainement sur les intérêts de la République , où ils montrèrent trop souvent le même discernement et la même impartialité que dans le procès du fils de Sophronisque. On aperçoit encore sur la colline du Pnyx les restes de la fameuse tribune qui dominait le vaste entonnoir où s'assemblait ce peuple qu'Aristophane nous montre si volontiers dupe des flatteurs et des calomniateurs. Malheureusement le grand poëte a prouvé en écrivant les Nuées que les aristocrates n'étaient nullement exempts des passions qu'il a si souvent ridiculisées en peignant le vaniteux et crédule Démos (peuple).

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