LIVRE DEUXIÈME
Atltène0 moderne.
Si Athènes n'avait pas été dès les premiers temps du christianisme exposée aux incursions des barbares , tout porte à croire que Tarchitecture chrétienne Feût enrichie de nouveaux chefs ^ d'œuvre. La religion du Christ, qui avait régénéré la pensée hellénique et qui produisit des orateurs tels que les Chrysostome , des théologiens pareils aux Athanase , des écrivains semblables aux Basile-le-Grand, la religion du Christ, ne serait pas restée impuissante dans le domaine de Tart. Mais des peuplades venues de la Scythie avaient déjà pris Athènes sous le règne de Gallien , qui monta sur le trône en 253. Alaric et ses Germains s'en emparèrent ensuite vers la fin du quatrième siècle. Vénitiens, Normands, II 21
Siciliens , Français, Ottomans, tous les peuples qui se succédèrent dans la ville si cruellement ravagée par Sylla (87 avant Jésus-Christ), n'étaient guère portés à encourager la construction des églises appartenant à un culte odieux à tous , aux Occidentaux comme a schismatique i^ ; aux •Turcs comme «idolâtrique:^. L'art hellénique, qui pouvait enfanter de nouveaux prodiges à l'abri des fortes murailles de Constantinople , ou dans la péninsule inabordable du Mont-Athos , ti'ouvait dans l'Atlique un terrain si bouleversé que les monuments antiques y devenaient euxmêmes chaque jour plus rares.
En vain chercherait-on aujourd'hui dans la cité d'Athéné une église dédiée à la sagesse divine. Quoique le nom et l'idée soient restés populaires dans l'Église grecque — comme le prouve le sanctuaire célèbre de Constantinople , devenu le type idéal des églises slaves — Athènes n'a point sa Sophie. Mais Athéné personnifiait à la fois la sagesse et la virginité. Or le respect de la virginité a fait d'immenses progrès depuis l'avènement du christianisme. Dans la ville où « le temple de la Vierge * ^
* Le Parthénon, qui tire son nom de Parthénos (Vierge).