‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 187 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE II

serve toutes les habitudes de la période apostolique , les Hellènes sont restés charitables , et la charité est plus éclairée chez eux que dans les contrées où de prétendus pauvres , des religieux plus ou moins mendiants y occupent audacieusement la place que Jésus-Christ avait donnée aux indigents. Qui n'a vu dans certaines villes d'Italie des armées de moines de toutes les couleurs , tandis que des foules déguenillées demandent d'un ton lamentable quelques centimes au nom d'une madone ou d'un saint populaire ! Athènes n'offre pas un pareil spectacle. Un apôtre allait jusqu'à dire que la vraie religion consiste surtout à « visiter les veuves et les orphelins *. » Telle est la pensée qui a donné naissance à deux orphelinats, œuvres distinguées d'une initiative individuelle , secondée par la charité publique. Le premier, destiné aux filles , a été fondé en 1854 par une dame d'Athènes, M«^ Marie Hypsilantis , après les ravages du choléra , et non par la reine , comme pourrait le faire croire le nom à'Amalion qu'on lui donne à la cour, où l'on nomme aussi l'Université d'Athènes Univer' site Othon. Des dons abondants et des souscrip-

* Épitre de saint Jacques.

lions annuelles ont fait à cet établissement une si bonne situation qu'il possédait en 1860 à la banque nationale 450,000 drachmes, et qu'il avait pu construire une maison qui en a coûté 300,000. L'asile des orphelins a été fondé par feu Hadzicosta. On a su éviter dans ces deux maisons l'inconvénient ordinaire de ce genre d'établissements. On donne aux enfants une instruction élémentaire, et leur éducation tend à les préparer , non pas à une situation inconciliable avec leur pauvreté, mais à une condition labo-

rieuse. Bien des fois, tandis que je patronnais à Pétersbourg la salle d'asile de la grandeduchesse Olga, j'ai cru devoir insister sur ce point essentiel, en rappelant à la directrice qu'il fallait songer constamment à l'avenir des enfants.

L'activité charitable des premiers chrétiens trouvait une perpétuelle occasion de s'exercer dans l'assistance de tous ceux qui souffraient. Ils ne se figuraient point, comme la plupart de leurs indignes héritiers, qu'il suffit d'accepter servilement telle profession de foi , sans se soucier de la comprendre, pour entrer dans la vie éternelle. Ils avaient perpétuellement devant les

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