PARTIE IV. — LIVRE II
yeux Tadmirable parabole de Lazare, que saint Jean Chrysostome aimait tant à développer, l'histoire du Samaritain , et surtout ce passage où Jésus n'appelle auprès de lui que ceux qui l'ont nourri, désaltéré, vêtu, consolé dans la personne des pauvres. Aussi l'établissement des hôpitaux et des hospices remonte dans les pays grecs à la plus haute antiquité. Athènes en compte aujourd'hui un assez grand nombre. L'hôpital militaire est entretenu par l'État; l'hôpital civil par la ville ; d'autres , comme l'hôpital ophthalmiatrique , par des dons volontaires. L'hospice pour les enfants trouvés a été fondé par M. Condoghiannakis , consul de Grèce à Saint-Pétersbourg.
Les édifices consacrés au pouvoir public ou au service de l'Etat ne sont pas encore nombreux dans la capitale de la Grèce. Le palais du Sénat et de la Chambre des députés n'était point terminé. L'hôtel de la monnaie et les casernes sont des constructions modestes. Le château royal est , au contraire , un édifice très-considérable , entouré de plantations et d'un jardin qui ont coûté beaucoup d'argent , et orné de fresques dont les cartons ont été dessinés par le peintre
allemand P. Hess. Gomme œuvre d'art, le palais n'a aucune valeur. Mais les fresques ont un intérêt historique , et j'ai examiné avec attention dans le tableau qui représente l'arrivée du roi à Naupli, les portraits de T. Colocolronis, G. Gondouriottis , A. Mavrocordatos , A. Zaïmis , etc.
En Grèce comme en Italie , les lettres ont contribué efficacement au réveil de l'esprit national. Les Hellènes doivent trop à la science pour oublier les services qu'elle leur a rendus. C'est elle qui, au moyen âge, a conservé les glorieuses traditions du passé, ainsi que l'a prouvé M. A. P. Vrétos*. G'est elle qui a réveillé par de nobles accents rintelligence endormie de la nation. Il suffit de citer les noms des Voulgaris , des Théotokis, des Goraï, des Rhigas , etc., pour rappeler comment les écoles sont devenues la pépinière des libérateurs ^. Ges hommes éminents étaient soute-
' Littérature hellénique^ etc., 2 vol. in-So. Athènes 1854. Ce livre est un catalogue raisonné des ouvrages publiés par les Grecs depuis la prise de Gonstantinople jusqu'à la fondation du royaume de Grèce.
* M. le professeur G. G. Pappadopoulos ra prouvé dans son discours Sur les écoles grecques avant la révolutiony étude sch claie et philosophiquCy 30 juin 1859.