PARTIE IV. — LIVRE II
comme synonyme d'inutile. II est maintenant assez difficile de regarder comme inutiles les gens auxquels on doit les paratonnerres , les machines et les bateaux à vapeur , les chemins de fer, le télégraphe électrique, le chloroforme, l'application de la chimie à l'agriculture, etc. Sans sjs signaler par de grandes découvertes, les hommes spéciaux qui dirigent le jardin botanique, peuvent rendre à la Grèce de véritables services en y popularisant la culture des arbres et des plantes utiles. Pour le prix, assurément modique de 50 lepta (un peu moins de 50 c.) , on peut acheter un arbre fruitier. Les plantes d'agrément n'ont pas été négligées , et cela avec raison. La culture des fleurs développe dans un peuple les intincts poétiques et le sentiment des arts. N'est-ce pas une feuille d'acanthe qui a révélé à un grand architecte de la Grèce le chapiteau corinthien?
L'École des beaux-arts a été créée en 1836 pour réveiller dans la nation une faculté qui a si puissamment contribué à sa gloire. La déca dence des arts a été causée en Grèce par des motifs divers. Les exagérations d'une ardeur religieuse outrée n'y furent pas plus étrangères que
les plus graves événements politiques. Les provinces grecques furent exposées aux coups des barbares dès les premiers temps de la décadence de Tempire. Si , même avant le règne de Constantin y les barbares avaient peu ménagé les admirables monuments propres à entretenir l'amour des arts , les empereurs chrétiens les livrèrent au zèle ignorant des démolisseurs. Au siècle de Théodose, tandis qu'Athènes élevait des statues à l'Achéen Théodore , vainqueur des Goths , on mutilait par ordre impérial les bas-reliefs du Théséion. Un édit ordonnait d'employer les chefs-d'œuvre qu'on trouvait dans les temples des dieux à réparer les thermes et les routes. Le roi d'Italie , un Golh , Théodoric , se montra plus sensé : « La dégradation de ces merveilles , écrivait-il à Symmaque, doit être un sujet de deui pour le public, t^ Au temps de l'invasion otto-, mane , la statuaire avait depuis longtemps succombé sous les anathèmesde la Bible, aggravés par l'horreur que témoignait l'Église pour l'étude esthétique du corps humain. La peinture, protégée par l'autorité ecclésiastique, put trouver un asile au mont Athos qui pendant plusieurs siècles fut le foyer artistique de l'Orient entier,