PARTIE IV. — LIVRE II
sans excepter la Russie. La décadence des institutions monastiques ayant entraîné la chute de l'école établie sur la « Sainte-Montagne », on a eu l'heureuse pensée de fonder à Athènes une Ecole des beaux-arts. Cette Ecole n'était à son début qu'un conservatoire de modèles, auquel on avait annexé une École de dessin. L'École fut réorganisée après la révolution de septembre. Elle comprend aujourd'hui trois divisions , qu'on peut considérer comme des institutions séparées. La première est une véritable Académie des beaux-arts, où l'on enseigne la peinture, la sculpture, la gravure sur cuivre et sur bois, l'architecture, la musique, etc. Dans la seconde division, les élèves de n'importe quelle école peuvent suivre ces cours de dessin que les magistrats de Sycione avaient rendus obligatoires pour tous les citoyens. La troisième est une école d'arts et métiers. Pour les individus qui exercent déjà une profession, on a institué des cours dominicaux. On construisait pour l'École d'arts et métiers un palais d'après les plans d'un architecte grec, couronné plusieurs fois en Italie. L'École des beaux-arts possède des collections intéressantes, parmi lesquelles on remarque
celle qui renferme les ouvrages des élèves et qui est destinée à constater les progrès déjà accomplis.
Malgré ces progrès , la condition des artistes restera longtemps difficile. Les ressources financières d'un petit État ne permettent guère d'encourager les arts. En outre, toute société qui naît ou qui renaît doit se préoccuper des besoins les plus urgents. L'Amérique et la Grèce ont trop à faire pour songer encore à l'ornement de leurs musées. Heureusement que les grandes villes helléniques de l'Orient, Smyrne par exemple, font assez de commandes à Athènes pour que la sculpture puisse attendre des jours meilleurs et préparer les succès que lui réserve peut-être l'avenir. Déjà MM. Phytalis frères se sont signalés par des œuvres dignes d'estime, parmi lesquels on remarque le soldat en vedette, le David, un pâtre jouant du flageolet, un autre tenant un chevreau , la statue de Tossitza (riche Roumain de Macédoine) et plusieurs bustes.
La peinture n'est pas dans des conditions aussi heureuses que la sculpture. Celle-ci possède comme modèles les débris d'un art qui n'a pas