‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 209 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

Pélasges , qui avait vu naître les dieux des premiers âges; la Béotie illustrée par les Pélopidas et les Épaminondas ; la Phocide , si fière du fameux sanctuaire de Delphes.

Tatoï est sur un versant du mont Parnès , dont la végétation luxuriante fait un contraste avec Taridité de THymette. On prend en sortant d'Athènes un chemin qui a été fort intelligemment bordé de mûriers. En quittant la ville, on laisse à gauche deux mamelons célèbres dans l'histoire des lettres et de la philosophie. Le premier est Colonos; sur une pente du second, surmonté du monument d'Ottfried MûUer, Platon rassemblait ses disciples. Œdipe à Colone est un de ces chefs-d'œuvre inspirés à la muse de Sophocle par le dogme éminemment tragique de la fatalité , dogme pour lequel le fondateur de l'Académie n'avait pas autant de répugnance qu'on le croit généralement. C'est une illusion fort répandue de regarder le fatalisme comme inséparable du matérialisme. Jansénius n'était-il pas un spiritualiste décidé ? D'ailleurs , le spiritualisme de Platon était-il aussi absolu qu'on le croit? La théorie des trois âmes ne paraît pas facile à concilier avec la psychologie spiritualiste des écoles

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modernes. En outre, en considérant le vice comme une maladie , l'illustre disciple de Socrate faisait au spiritualisme une part assez médiocre. La conséquence de cette théorie était la fameuse formule «personne n'est volontairement méchant». Ne semble-t-il pas que ce soit sous une forme réfléchie Tidée à! Œdipe à Colone? La fatalité pousse à l'inceste et au parricide le fils de Laïus ; mais il n'est pas e: volontairement méchant ». Seulement Sophocle, comme Jansénius, cherche en dehors de l'homme la nécessité qui le domine. Platon , au contraire, la met en nous, il la place dans une organisation défectueuse qui nous entraîne plus ou moins vers le mal. II nous laisse ainsi une espérance. De même qu'un habile opérateur, en enlevant la taie qui couvre un œil malade, lui permet devoir les objets tels qu'ils sont, ainsi la médecine en rétablissant l'équilibre dans notre constitution et en neutralisant l'action excessive des forces physiques, peut nous rendre en même temps et à la santé et à la vertu. Au temps de Sophocle le fatalisme est absolu , il perd déjà de ses droits au siècle de Platon.

Le monument d'Ottfried MûUer, l'historien

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