PARTIE IV. — LIVRE III
sympathique des Doriens , n'est pas déplacé assurément sur la place où fut l'Académie. Combien de soldats de la guerre de l'indépendance attendent encore une marque de reconnaissance ! La Grèce pourra ériger des monuments aux érudits quand elle se sera acquittée de dettes sacrées envers les hommes auxquels elle doit tant. Les Turcs , dont ces héros ont contribué à délivrer l'Attique, ont laissé des traces de leur passage dans le grand bois d'oliviers dont on traverse une partie. Les troncs séculaires remplacent leurs branches brûlées par de nouveaux rameaux. On passe le Céphise sar un pont de pierre. Ce modeste fleuve , dont une des sources jaillit à Képhissia, se précipite vers la mer à travers une vallée qui compose une partie de la plaine de l'Attique. Après avoir arrosé les oliviers et les jardins qui ont remplacé les thermes et les parterres d'Hérode Atticus, il reçoit, en hiver , dans la plaine , les cours d'eau dont elle est entrecoupée, il se glisse silencieusement dans l'ancienne Académie, et, passant auprès des murs septentrionaux du Pirée , il se perd dans le golfe saronique.
En montant un peu, on découvre le petit vil-
lage de Liossia. Les belles avenues qui y conduisent et l'aspect élégant des maisons en font un but d'excursion agréable. Les rues sont larges, tirées au cordeau et bordées d'arbres. En outre, on y jouit d'une vue admirable sur la mer, sur les ports du Pirée et de Phalère. Athènes , qui est en face, semble couronnée d'un immense autel, formé par l'Acropole, dont les monuments se détachent sur le fond sombre du mont Hymetle. A gauche s'étend le grand bois d'oliviers avec ses ondulations capricieuses. Au fond se dresse la masse imposante du Pentélique. L'eau de Liossia provient de puits ou de sources souterraines très-limpides qui se trouvent ordinairement à six mètres de profondeur. On a le projet d'y faire arriver un ancien aqueduc qui descend du Parnès et dont les eaux se perdent. Du village on se rend , en suivant une avenue d'oléandres, à un petit manoir gothique nommé « ferme de la reine », ou Eptalophos (sept collines) en souvenir des colUnes de la ville de Constantin. Le salon, qui a été décoré par un architecte français, M. Boulanger, est bleu et blanc, ce sont les couleurs nationales. Au-dessus est un belvédère d'où l'on domine la ferme et les