‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 214 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE lïl · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE lïl

sez commun chez les Ottomans , ce plateau servait de potence, et la place était le théâtre des autres supplices ordonnés par les autorités raahométanes. Un savant historien, peu suspect de philhellénisme, raconte qu'un des «grands honiraes :> de l'islamisme , Tiraour-Lenk (Tamerlan) , «zélé musulman d, fit massacrer en un seul jour 70,000 Persans à Ispahan , 2000 furent scellés vivants avec de la chaux pour former les assises d'une tour; sur les rives du Gange, 100,000 Hindous furent égorgés de sang-froid *. Les Turcs, qui appartiennent à la race finnomongole, se sont montrés aussi féroces. Mahomet II , dont tant d'écrivains romanesques ont fait le panégyrique , Mahomet II « qui aimait les lettres et les protégeait , » n'en était pas moins « un tyran perfide, dissolu, violent, sanguinaire, enfin un de ces exécrables tueurs d'hommes comme il y en tant dans l'histoire de l'Asie*. » Malgré «l'éclat de son règne et la gloire de son nom , » nous voyons le fameux Soliman-el-Khanouni (le législateur) faire son entrée à Chabats en Serbie dont la garnison avait fait une héroïque

* Lavallée, Histoire de Turquie, 2^ édit., t. I«r, p. 223.

« /Wrf., p. 276.

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résistance 9 <c entre deux rangées de tètes plantées sur des pieux*.» Son père, Sélim l«r, c compté parmi les grands hommes de l'empire ottoman», était encore plus porté aux c folies sanguinaires '. » En un seul jour il fit massacrer 40,000 hérétiques *. Ces honnêtes « Turcs , » depuis leur apparition sur la scène de l'histoire jusqu'aux abominables massacres de Chios , sous l'avant-dernier padishah, ont inondé la terre indignée de torrents de sang, en même temps qu'ils la couvraient de ruines.

Aujourd'hui , grâce à Dieu, Képhissia n'a rien à craindre de ces « braves gens » . On s'en aperçoit en examinant les jolies maisons qui ont pris la place des tours. Partout où l'Europe succède à l'Asie, dévorante et cruelle, la vie, longtemps étouffée, renaît. A peine la Russie a-t-eUe été délivrée des hordes asiatiques , qu'elle a conquis son rang parmi les grandes puissances. A peine la Grèce est-rclle sortie de l'étreinte des Turcs, qu'elle se montre pressée de vivre de l'existence

* Lavallée, Histoire de Turquie^ p. 308.

*Ibid., p. SOO.

' Ibid, p. 295. C'est un trait de la «tolérance » si vantée des ottomans et M. Lavallée le compare avec raison à la Sainte- Barthélémy.

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