PARTIE IV. — LIVRE III
cher. D'autres petites sources s'ouvrent un chemin à travers la pierre , et se perdent dans le bassin qui occupe une partie du fond de la grotte. Sur la voûte crevassée croissent de maigres platanes et dechétifs lentisques. La couche calcaire, en se prolongeant, forme un peu plus loin , à gauche , une autre grotte ; mais des éboulements l'ont en partie comblée.
Si Ton veut jouir d'une vue étendue, il faut aller à Kokinara , mamelon du mont Pentélique. On a à ses pieds une magnifique vallée dont la verdure charme les regards sous ce ciel resplendissant de feux. En continuant les excursions dans Képhissia et aux environs, on rencontre tantôt un aqueduc antique qui , envahi par la vivace végétation des contrées méridionales , a l'air d'être un accident du terrain plutôt qu'un monument ; tantôt les restes de quelque antique villa, tantôt une inscription relative au culte de Phœbé, heureusement placé dans des lieux où l'on sent si bien le charme des belles nuits ; enfin, un autel, souvenir de la religion poétique qui, avec ses imperfections, constituait un progrès immense sur le panthéisme absorbant de l'Asie méridionale et sur le dualisme fanatique de la Perse.
4f30 ENVIRONS d'athènes.
Malgré les agréments que présente Képhissia, si Ton veut bien voir le Pentélique, il ne faut pas s'arrêter là. On ne peut choisir de meilleur jour pour aller sur les hauteurs du Pentélique que la fête de la Trinité à laquelle est dédié le couvent situé sur cette montagne. En effet, les solennités patronales réunissent autour des églises de la Grèce les types les plus variés des populations des environs. Les fêtes sont dans TÉglise orientale comme dans l'Église romaine des réjouissances essentiellement populaires. Elles diffèrent donc de la manière la plus tranchée des solennités protestantes , où l'esprit mélancolique des peuples septentrionaux se manifeste de la façon la plus originale. Qui n'a remarqué, l'été, dans les fraîches vallées du canton de Berne les femmes qui se dirigent vêtues de noir, comme pour un enterrement, vers le temple du village, où le pasteur porte également une longue robe de deuil ? L'Orient ne comprendra jamais cette manière de rendre hommage au Créateur. A ses yeux, le christianisme n'est point nécessairement lugubre. Il veut que les arts contribuent tous à parer les sanctuaires, que les pierres précieuses resplendissent sur les mitres despon