‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 224 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

homme vêtu en pallicare et qu'il tenait avec une grâce antique, en suivant la cadence sans aller aussi vite que les danseurs.

La vie monastique est tellement conforme aux tendances de l'Orient qu'elle s'y est développée en même temps que les plus anciennes religions dont l'histoire nous ait transmis les symboles. Le brahmanisme — les lois de Manou l'attestent — exaltait déjà les vertus des ascètes. Le bouddhisme y qui compte maintenant trois ou quatre cent millions de sectateurs^ repose entièrement sur la glorification de la vie monastique , ainsi que l'a prouvé un savant qui est une des gloires de la France contemporaine, Eugène Burnouf. Les Orientaux étant si favorables à ce genre d'existence, se montrèrent dès l'origine bien mieux disposés que les chrétiens de l'Occident

en faveur des institutions qu'un Egyptien , saint Antoine , avait le premier établies dans l'Église. Tandis que les Occidentaux recevaient les moines avec des sarcasmes qui attristaient profondément saint Jérôme, ils furent si bien accueillis en Egypte , dans l'Asie-Mineure et même en Grèce , qu'un des plus illustres docteurs de l'Église orientale , un disciple des sages d'Athènes , Ba-

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sile-le-Grand , ne dédaigna pas de devenir le législateur des monastères. Les moines du royaume de Grèce appartiennent encore à Tordre célèbre de saint Basile. Plusieurs de leurs couvents méritent l'attention du voyageur. Le couvent de Haghia-Triada (Sainte-Trinité) que je rencontrai sur mon chemin en gravissant le Pentélique, est loin d'avoir la même importance que le Mégaspiléon et les Taxiarques. En général , les mo nastères orientaux ont été plus affaiblis qu'on ne le croitpar les idées nouvelles. Aussi, lorsque j'ai fait des excursions aux principaux couvents de la Russie , tels que Kiev et Troïtza (Trinité), les ai -je trouvés fort déchus de leur antique puissance. Le cloître de Troïtza , fondé par saint Serge , s'est vu enlever les cent mille serfs dont il était propriétaire , et la docte amie de Voltaire et de Diderot a fait subir à son trésor différentes réductions qui l'ont beaucoup diminué. Les pèlerinages que j'ai entrepris au bord du Danube et dans les Karpathes me permettent d'affirmer que les couvents de la Roumanie ont mieux défendu leur antique opulence. En vain Grégoire II Ghika (1732), «au lieu d'écraser le peuple >, essaya-t-il d'enlever au clergé des privilèges exor-

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