PARTIE IV. — LIVRE III
bilants *. En vain , à la restauration des princes indigènes , Grégoire IV Ghika fit-il rentrer dans la possession de TÉtat les biens usurpés par le clergé. En vain , de nos jours , le domnu (prince) de Moldavie, Alexandre-Grégoire Ghika, est-il devenu le promoteur dévoué d'une réforme indispensable. Les couvents sont arrivés aujourd'hui dans les Principautés-Unies à Tapogée de la richesse et de Tinfluence et ils vivent dans un bien-être fort rare dans l'Europe orientale*. La Grèce présente, depuis qu'elle est constituée en État indépendant et qu'elle a subordonné la théo cratie à l'État, un spectacle complètement différent. Une partie des couvents helléniques ont été fermés et les autres ont perdu leur position prépondérante par suite du développement des idées modernes. Le couvent du Pentélique, qui était autrefois considérable, n'a plus qu'une vingtaine de moines , logés dans les cellules construites sur les arcades qui environnent l'église. Cette église, monument byzantin assez ancien.
* Vaillant, La Romanie, t. II, p. 183. Gogalmicano, La Dacie, p. 388.
' Les assemblées nationales sont encore présidées par des moines, le métropolitain de Bukarest et le métropolitain de lassy.
448 ENVIRONS d' ATHÈNES.
n'est pas dénuée d'élégance. Malheureusement la passion du badigeonnage, qui a fait tant de ravages même en Orient, a été funeste à la plupart des fresques byzantines. Le nouveau portail de marbre blanc n'est pas plus que le badigeonnage en harmonie avec le style de l'éclifîce. Les caloyers, ayant pu constater la force que possède le courant du siècle, tiennent à prouver qu'ils ne s'attachent pas obstinément aux formes. Aussi sont-ils beaucoup trop pressés , même au mont Athos , de faire disparaître des traces souvent précieuses au point de vue artistique ou historique d'époques si différentes de celle où ils doivent vivre.
En Orient aussi bien qu'en Occident , le monastère a des voisins dont la sympathie est loin de lui être assurée. La fille d'un des représentants de la moins monastique des révolutions, séduite par la beauté du site j la pureté de l'air et la merveilleuse limpidité des eaux , avait eu l'idée de construire une habitation un peu audessus du couvent. Sophie de Barbé-Marbois , duchesse de Plaisance , appartenait à une génération qui diffère autant de celle qui l'a remplacée que les esprits agités, mais énergiques, du seizième siècle différaient de la génération avide