PARTIE IV. — LIVRE lll
pie, a causé tous les maux de Tltalie *, la régénération de leur pays, sa grandeur et sa liberté. Mais comment un système qui a condamné franchement toutes les libertés du monde moderne, pourrait-il accorder aux Hellènea des bienfaits qu'il refuse obstinément à, ses propres enfants ? Comment une Église si étroitement liée à TAutriche, protectrice perpétuelle des Turcs, etvue de si bon œil par la Turquie, contribuerai t-elle à rendre à la Grèce les provinces occupées par les Ottomans ? La politique de Rome peut faire illusion à quelques pâtres grossiers du Balkan ; mais il faut qu'elle renonce à faire des dupes à Athènes ou à Naupli , parmi des populations intelligentes , avides d'instruction et naturellement hostiles à la théocratie.
En revenant de Patissia, j'allai faire une visite à Mlle Frédérika Bremer, qui demeurait aux pieds du Lycabette. Le célèbre auteur des Voisins me proposa d'aller, vers onze heures, à l'Acropole, afin d'y contempler le paysage au clair de la lune. La ville est alors complètement
* Voy. Bianchi-Giovini, Histoire des papes. Lanfrey , Histoire politique de la papauté. M. le chanoine Dœllinger lui-même a fait d'éclatants aveux.
endormie, et Ton goûte sans peine le calmeprofond que semblent verser les astres d'or du haut d'un ciel sans nuage. Toutefois peut-être faut-il, pour comprendre dans toute sa plénitude la poésie du midi , être né au milieu de cette nature merveilleuse , mais d'un caractère tranché. Chacun de nous confond les impressions de sa jeunesse, les plus douces de la vie, avec le théâtre où nous les avons ressenties. On a beau nous vanter plus tard d'autres climats et d'autres paysages, comme nous les contemplons avec des yeux devenus trop pénétrants et incapables des illusions du premier âge, nous les trouvons infailliblement très-inférieurs à ceux qui ravirent notre adolescence. W^^ Bremer, née dans la froide Suomi (Finlande), parlait avec enthousiasme, au sommet de l'Acropole , des forêts de sapins tapissées de mousse, des longues colonnades qu'ils forment et où se dessinent, Tété, de grandes ombres mobiles.
M^e Bremer allait, comme moi, prendre des bains au port de Phalère , où je l'ai plus d'une fois trouvée. Un soir surtout la mer était superbe, je me promenais en bateau pendant qu'elle était dans son bain. Le soleil se couchait