PARTIE IV. — LIVRE lll
usage à peu près oublié, tel était le principal ornement des murs. Je ne m'attendais guère à trouver une héroïne de M. de Florian à Marathon! Du reste, l'étrange popularité de l'emphatique auteur de Numa Pompilius a été si grande qu'on ne doit pas s'étonner qu'elle ait pénétré dans l'Europe orientale. Le mobilier de l'appartement où brillait l'image d'Estelle se composait, outre le sopha, de coffres qui servaient de bancs et d'une vieille table vénitienne. Sur un de ces coffres on avait peint un pallicare qui exécutait la danse cyclique avec une femme chorége, tenant le mouchoir à la main. Dans quelques-unes des Cyclades, comme Ténos, Naxos, Miconos, on est tout étonné de découvrir des meubles tels que tables, chaises, miroirs, tableaux, qui témoignent des rapports commerciaux existant autrefois entre Venise et plusieurs ports de la mer Egée. Ces meubles attestent également la solidité et la richesse de l'ameublement vénitien.
Après ce coup d'œil jeté sur la maison , je m'occupai d'examiner les habitants. La femme du dimarque, qui était d'Amphissa, près du Parnasse^ avait la tête couverte d'un /e55 entouré
482 ENVIRONS d' ATHÈNES.
d'unbarége, auquel était enroulée une grosse tresse de cheveux noirs. Un mouchoir de coton lui couvrait la gorge. Elle avait une robe et un tablier de même étoffe. Elle ne portait point de bas , comme la plupart des anciens habitants de l'Attique, et ses pieds traînaient avec bruit des babouches. Sa sœur, qui berçait un enfant dans un tronc d'arbre, avait un costume à peu prés semblable. Malgré la chaleur, les femmes du village s'agitaient autour de moi , tandis que les enfants, exaspérés par l'atmosphère brûlante, se roulaient sur le sol en pleurant ou en gémissant.
De la salle où se tenait la famille du dimarque , on entrait dans une pièce étroite qni précédait ma chambre. Cette antichambre donnait sur une terrasse , ombragée par une treille , où nous dînâmes. Ce petit appartement était orné d'une armoire incrustée dans le mur qui contenait deux images, l'une de saint Constantin et de sainte Hélène avec la Panaghia au-dessus ; l'autre à deux battants représentant saint Dimitri et saint George. Ces quatre saints sont populaires en Grèce. A côté était une lampe.
Dans ma chambre à coucher, les armes se