PARTIE IV. — LIVRE III
secouait du pied le berceau d'un enfant. L'appartement était partagé en deux parties, l'une pour les hommes, ^ l'autre pour les animaux. Celle-ci était remplie d'orge destinée à leur nourriture ; la seconde contenait le mobilier. Ce mobilier se composait de deux énormes paniers , enduits de chaux, pour le froment; d'un métier pour tordre le coton ; de vases pour l'eau ; d'un coffre et d'une table ronde et basse servant de pétrin. Dans plusieurs autres cabanes, je vis brilter le feu destiné à cuire le pain, et des femmes activement occupées à faire des liens de paille pour attacher les gerbes. En sortant d'un ravin, plein d'un gravier de marbre blanc et couronné de lauriers roses, j'aperçus un» cavalier en foustanelle, aux longues moustaches et au fess militairement incliné de côté. Ce cavalier était le dimarque de Marathon.
A mon retour, je trouvai un grand nombre de paysans dans le café. Plusieurs s'étaient installés dans l'intérieur de l'établissement, qui était vaste et rempli d'un côté de tonneaux , et garni, de l'autre, de bancs de bois. Devant le café se tenait un groupe composé du dimarque, de son secrétaire, du maître d'école.
habillé à Foccidentale et de quelques notables en foustanelle. Lorsque je montai dans la salle, située au-dessus, on se disposait à faire souper les enfants étendus à terre et à moitié endormis. On plaça au milieu d'eux un plat de riz mêlé d'oignons , de courges de Barbarie et de feuilles hachées de menlhe poivrée. On leur donna un morceau de pain noir et on les arma d'une cuiller pour manger à la gamelle. Les chats, qui n'étaient pas invités, entendaient pourtant prendre leur part. Avec une adresse toute féline , ils attrapaient souvent la, cuillerée de riz avant que les enfants pussent la porter à leur bouche. Un de ces marmots, ne trouvant pas 4e mets de son goût, se roula en désespéré, ferma les yeux et , au lieu de manger, prolesta par son attitude contre la cuisine maternelle, résolution énergique digne d'un descendant des vainqueurs du «grand roi. >
Le lendemain, à trois heures du matin, je montai en voiture pour visiter le glorieux théâtre de la victoire des Hellènes sur la barbarie asiatique. Je laissai derrière moi un sombre amphithéâtre tracé par les dernières pentes du Pentélique et du Parnès , lequel s'avance jusque