PARTIE IV. — LIVRE III
solennités mêmes. « Aristote, dit un évêque de l'Église orientale , un disciple de la belle et savante Hypatie, Synésius, est d'avis que les initiés n'apprenaient rien précisément , mais qu'ils recevaient des impressions, qu'ils étaient mis dans une certaine disposition à laquelle ils avaient été préparés. » Cette préparation avait un caractère assez ascétique pour fournir aux chrétiens plus d'une pratique. On retrouve dans la grande veillée (pannychis) qui commençait l'initiation , nos vigiles , dont la nuit solennelle de Pâques donne une idée. La nourriture des initiés était soumise à certaines observances symboliques ou analogues au carême , telles que l'abstinence des oiseaux domestiques et de certains poissons dont la chair passait pour exciter les passions. Les jeûnes n'étaient pas oubliés. Théodoret et saint Clément d'Alexandrie rapportent que la continence était imposée aux femmes qui célébraient les Thesmophories , fêtes étroitement liées aux mystères*. Ces règlements, plus rigoureux pour les prêtres que pour les initiés , ne donnaient lieu à aucune réclamation. Mais dans les mystères de Samothrace, la confession ayant été
* Cette tradition existe encore dans TÉglise orientale.
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ajoutée aux pratiques destinées à purifier les initiés et à leur assurer un sort satisfaisant dans l'autre vie, la défiance éclata dans plus d'une occasion. « Est-ce toi ou les dieux , dit Lysandre au prêtre, qui exigent la confession? — «Ce sont les dieux,» répondit le pontife. — « S'il en est ainsi , répliqua le général lacédémonien, retire-toi; s'ils m'interrogent, je leur dirai la vérité. » Antalcidas se contenta de répondre : (c Les dieux connaissent mes actions. » L'Église d'Orient, tenant prudemment compte des dispositions que de pareilles réponses montraient chez les Hellènes , s'est bien gardée de jamais donner à la confession le caractère vraiment exceptionnel qu'elle a dans l'Église romaine, où elle est devenue un moyen toutpuissant de domination. Jamais elle n'a accepté les fameux décrets du concile de Latran , qui ont transformé l'institution et l'ont imposée rigoureusement*, et si parfois quelques tentatives analogues ont été faites dans l'Europe orientale, il faut les attribuer au pouvoir civil, frappé de
* Comp. le Catéchisme de VÉglise catholique orthodoxe d'Orient, trad. du russe (Paris, Klinsieck, 1851), avec les catéchismes romains.