‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 258 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

un des personnages les plus vénérés de TÉglise orientale. Cette Grèce qui a poussé l'admiration de la beauté jusqu'au fanatisme, qui, sur cette voie sacrée, s'arrêtait pour contempler Phryné sortant des flots d'azur de la mer saronique — comme autrefois Aphrodite — cette Grèce est prosternée au pied des autels du terrible Élie qui mettait en morceaux les prêtres des divinités voluptueuses de l'Asie occidentale et qui, disent les légendes , dirige et lance la foudre !

Si la religion de la Grèce est tellement transformée , la nature , qui ne subit que lentement l'action des causes physiques , est restée, en partie, ce qu'elle était à l'époque où les c dieux immortels» naissaient dans l'imagination des poètes. La plaine de l'Attique que la route traverse , n'a rien de monotone , grâce à la chaîne de collines qui se détache de l'Hymette , collines sur lesquelles les Athéniens construisirent les édiGces dont la perfection ne sera probablement jamais égalée. Le vaste bois d'oliviers où l'on entre , après avoir dépassé la chapelle d'Haghia- Triada, est si antique, qu'on pourrait croire qu'il a vu passer les contemporains de Socrate, et que les disciples d'Aristote s'y sont promenés

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en discutant sur les catégories. Le Céphise, aujourd'hui presque tari en été, a plus souffert des outrages du temps que la contrée qu'il parcourt. La beauté des lauriers-roses , à l^ombre desquels murmurait Tonde paresseuse du Céphise, la transparence inexprimable de l'atmosphère, l'éclat radieux du soleil d'Orient peuvent encore suffire au poëte et à l'artiste ; mais les multitudes ont nécessairement d'autres aspirations que les serviteurs des Muses. Elles savent que les nations agricoles se trouvent seules dans les conditions nécessaires au développement d'une vraie prospérité , et que celui qui plante un arbre ou qui défriche un sillon , est aussi nécessaire à la patrie que le soldat qui verse son sang pour elle ou que l'écrivain et le savant qui l'illustrent par leurs travaux. On voudrait que les Hellènes fussent sur ce point plus fidèles aux traditions antiques. Par une de ces sublimes inspirations qui ont élevé si haut le génie hellénique , la Grèce n'avait-elle pas fait de l'agriculture un art révélé par une divinité bienfaisante? N'est-ce pas dans la maison de Phytalusque Déméter donna le figuier à celui qui l'avait accueillie? N'est-ce pas elle qui apprit au roi d'Eleusis

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