‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 260 sur 339 · PARTIE IV. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — LIVRE III

— souvent fort mal comprise en Occident — qu'inspirent encore à beaucoup d'Orientaux les formes sensuelles du culte romain et ses indulgentes pénitences. Au point de vue du christianisme antique, cette antipathie est logique. Les vierges de la Renaissance , idéalisation merveilleuse des fioraie de Florence et des fomarine de Rome y ressemblent trop aux déités vaincues par la croix , pour ne pas effrayer les âmes dans lesquelles vit encore le rigide mysticisme oriental. Des gens qui se contentent d'un carême — et de quel carême ! — leur rappellent trop ces joyeux festins où la philosophie elle-même — si l'on en croit l'auteur du Banquet — oubliait sans beaucoup de peine les lois de la sobriété. Cet épicuréisme brillant de l'Église romaine * révolte des esprits profondément attachés aux vieilles traditions . Dans ces préoccupations exclusives , il est assez conforme aux tendances ordinaires de la nature humaine de mettre au-dessus de la tolérance et de l'intelligence de son siècle, les ardeurs passionnées d'un autre âge, qu'on est habitué à regarder comme l'expression de la vertu la plus pure.

' Expression employée par M. Petrucelli délia Gattina à la chambre des députés d'Italie en 1862.

Lorsque , après la prise de Gonstantinople par les croisés , la cité d'Athéné échut aux Français, l'éloigneraent que les moines grecs avaient pour le catholicisme romain fut mis à de rudes épreuves. Daphni devint le Saint-Denis des ducs d'Athènes, et j'y ai trouvé sur un sarcophage les fleurs-de-lis de la vieille France. Au-dessous de la coupole de l'église on remarque, à droite, un tableau en mosaïque dont le caractère est essentiellement catholique, quoiqu'il ait été exécuté par des procédés helléniques. La croix qu'on y a représentée est latine, et l'expression de certaines figures est trop mondaine pour appartenir à l'art byzantin. Du reste , cette église n'a pas subi de transformations essentielles. Elle est regardée avec raison comme un des spécimens les plus curieux de l'art byzantin. L'édiûce, malheureusement fort délabré, est précédé d'un porche. La muraille qui forme le fond de ce porche est percée de cinq portes , dont deux plus petites , placées aux extrémités , donnent entrée dans deux chapelles voûtées. Les trois portes du milieu s'ouvrent sur un étroit vestibule. Au centre est un dôme, et le chœur est flanqué de deux chapelles. Toute la partie supérieure du monu-

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