PARTIE IV. — LIVRE III
surmontait autrefois Tacropole d*Éleusis et dont le sommet le plus élevé est couronné par une tour vénitienne bâtie sur des fondations antiques. De là on aperçoit, à droite, les traces d'une jetée, débris d'un port ruiné par le temps. Audessus, les pentes de l'Icarus et du Corydalus forment un amphithéâtre. Les arcades d'un aqueduc romain, qui amenait l'eau dans la cité, sont un autre reste de l'antique civilisation. A gauche, l'œil s'arrête sur le village deThria, qui donne son nom à cette partie de la plaine, parsemée de vignes, d'oliviers et de figuiers. On peut s'imaginer quelle grandeur ajoutait à ce paysage le temple de Gérés, vaste et merveilleux édifice, construit en marbre pentélique par les soins de Périclès , et qui a été détruit par les bandes sauvages dont Alaric était le chef.
A Eleusis, les ravages de la fièvre vinrent achever l'œuvre des invasions. Il suffit de jeter un coup d*œil sur les villageois , qui sont d'origine albanaise, pourvoir qu'ils ne jouissent pas d'une santé aussi solide que les anciens habitants de la contrée. Les enfants, que portaient dans leurs bras des femmes pauvrement vêtues ,
n'avaient point , généralement, Tair robuste. Les travaux excessifs imposés aux femmes sont une des causes qui empêchent la race de conserver sa force. Une mère épuisée de fatigue devient la médiocre nourrice d'une postérité maladive. J'ai remarqué que dans les pays de l'Occident, renommés pour la beauté du sang, aucune besogne pénible n'est imposée à notre sexe. Le bien-être et la santé de la famille l'exigent autant que l'humanité. Gomment une femme peut-elle donner au ménage et au soin de ses enfants le temps qu'ils exigent nécessairement, quand elle doit s'occuper de mille choses à la fois? Ainsi, à Eleusis, tandis que certaines matrones tissaient la toile devant leur maison , ou tournaient leur fuseau en errant dans les rues du village , d'autres charriaient sur leur dos le petit tonneau rempli d'eau qu'elles vont tirer, avec des sacs de peau, au puits situé à une certaine distance du village.
Les occupations que les traditions de l'Albanie imposent aux femmes se concilieraient mal avec un costume élégant. Un collier de corail avec des monnaies pendantes orne cependant le cou des paysannes d'Eleusis. Le reste de leur ajuste-