‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 269 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

favorable*, » à soutenir que la Chambre n'avait aucune force contre les influences étrangères, et qu'elle devait céder la place à des hommes plus indépendants. Ceux qui ne comprendraient pas cette irritation , devront se rappeler la colère universelle causée en Angleterre, en 1850, par les décisions de Pie IX que les Anglais appelaient a l'agression papale». Cependant ces actes étaient fort loin de constituer une intervention dans les affaires du Parlement. Mais si l'on trouve parfaitement simple en Occident que l'État le plus libre de l'Europe se montre excessivement défiant toutes les fois qu'il s'agit de la propagande jésuitique, on se garde bien d'accorder le même droit aux membres de l'Église € schismatique i» !

Quand les simples citoyens voyaient de fort mauvais œil les étrangers peser sur le Parlement en faveur de la religion du prince , l'armée n'était pas plus satisfaite. Il n'y a là rien encore qui doive beaucoup surprendre les Occidentaux. On sait combien de fois depuis 1814, sous les Bourbons de la branche aînée, ont éclaté les conspirations militaires les plus redoutables.

• R. de Courcy , La Grèce sous le roi Othon.

Louis-Philippe n'étant pas moins pacifique que ses deux prédécesseurs , n'a pas su non plus gagner les troupes , dont l'attitude a eu une si grande part à sa chute. Les Hellènes , sans avoir les souvenirs grandioses d'une lutte mémorable soutenue contre l'Europe entière, sont justement fiers de cette guerre de sept ans qui a forcé la barbarie asiatique à leur rendre une partie de leur territoire. Mais l'idée qui ne les abandonne jamais, < la grande idée » de la génération qui a succédé aux héros de l'indépendance est d'achever leur glorieuse tâche. Qui s'étonnerait de voir ces sentiments patriotiques exalter tant de courages dans l'armée hellénique? Comment un jeune officier peut-il serrer la main invincible de Canaris sans désirer ardemment d'aller répéter devant les Turcs son cri de triomphe : « Le Christ est vainqueur ? » Or le roi qui est né sur une terre lointaine; le roi qui n'a pas assisté aux épreuves de la nation ; le roi qui , avec le calme un peu apathique de sa terre natale , voyait dans les Ottomans des voisins qui en valaient bien d'autres , le roi ne pouvait parlager ces vives impressions. Malheureusement pour lui , l'armée n'avait alors qu'à jeter les yeux de l'autre côté

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