‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 271 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

lènes voient d'une autre façon les attentats commis contre le chef de TÉtat. Le peuple se montra fort acharné contre les assassins de Capodistrias, et dans les fréquents soulèvements qui ont eu lieu depuis Tavénement du roi , on n'a pu constater aucune tentative d'assassinat. Aussi fallait-il que l'irritation des masses fût bien grande, pour que le régicide Aristide Dosios inspirât — selon un écrivain nullement suspect — cala plus grande partie de la population d'Athènes un sentiment qui se rapprochait plutôt de l'intérêt que de la pitié * ».

En parlant des femmes de lettres de la Grèce, j'ai dit quelques mots des écrits de Catherine Dosios, née Mavrocordatos. Devenu veuf, son mari était regardé comme un des hommes les plus instruits et les plus honorables de la capitale. Il s'était, ainsi que sa femme, occupé avec beaucoup de tendresse des études de leur fils Aristide. Mais ce jeune homme s'était, comme les républicains français du dix-huitième siècle, pénétré d'une admiration exclusive pour l'âge héroïque des Hellènes. Des souvenirs tels que ceux d'Harmodius, d'Aristogiton , de Timoléon

* R. de Courcy , La Grèce sous le roi Othon.

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avaient probablement fait sur lui une impression ineffaçable. Si ces souvenirs ont troublé jusqu'à nos jours l'âme des descendants des € Barbares i, quel effet ne doivent-ils pas produire sous les murs du Parlhénon? Évidemment il fallait que cet effet fut bien fort pour qu'un parent de M. Â. Mavrocordatos , allié par sa mère à tous les Phanariotes d'Athènes, qu'un jeune homme d'un caractère doux se décidât à tirer un coup de pistolet sur la reine, et ne craignit pas de braver et la répugnance qu'inspire le meurtre d'une femme et la répulsion que cause dans un pays essentiellement monarchique le nom de régicide.

Comme le roi était encore en Âllems^ne, Dosios crut que s'il tuait la reine Amélie, alors chargée des fonctions de régente, il provoquerait infailliblement une révolution. Mais il était loin d'avoir la froide résolution des catholiques fanatiques qui assassinèrent Henri Ili et Henri lY. En effet, quoiqu'il eût pu s'approcher assez de la reine, qui revenait à cheval de sa ferme, pour tirer sur elle à bout portant, non-seulement il ne la blessa point , mais l'émotion l'empêcha de renouveler une tentative contre laquelle sa

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