‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 273 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

digue Tappellation de c fou » , que Jésus-Christ menace de sa colère ses disciples qui suivront cet exemple ^ Encore aujourd'hui toute personne qui se préoccupe vivement d'une idée un peu étrangère à ses intérêts , est fort exposée à être traitée de c folle» par le vulgaire imbécile et routinier. Dans le cas dont il s'agissait, l'hypothèse d'un accès de folie se présentait, il faut l'avouer, beaucoup plus naturellement. L'exaltation qu'on croyait avoir constatée cher la mère de Dosios et chez quelques-uns de ses parents offrait à la défense, si elle parvenait à établir ces faits , un point de départ réellement scientifique, car c l'hérédité est la cause la plus ordinaire de folie* ». Mais lorsque l'avocat eut fini, Dosios se leva et dit avec un calme qui semblait contredire toutes les assertions de son défenseur : < Messieurs , une promesse solennelle m'a obligé de me taire devant un système de défense que je désavoue positivement; si on n'avait exigé de moi cette promesse, je vous aurais démontré comment trente ans de tyrannie m'ont imposé le deyoir dont j'ai voulu m'acquitter. » Le jury,

* Saint Matthieu V, 22.

*Bouillet, Dictionnaire des sciences, art. Folie.

tout en reconnaissant fondées les raisons présentées par l'avocat, condamna pourtant Dosios à être décapité sur la place du Théséion. Il écouta son arrêt sans donner le moindre signe d'émotion ou de repentir.

Le conseil de guerre ne se montra pas favorable à l'accusation dans le procès des sousofBciers compromis dans le complot du 30 octobre 1861. Le roi, qui revenait d'Allemagne, s'était arrêté à Corinthe , lorsqu'il reçut d'Athènes une dépêche télégraphique fort peu rassurante. On l'avertissait que les sous-officiers de l'escorte qui devait l'accompagner du Pirée à la capitale, avaient le dessein de s'emparer de sa personne et même de le tuer, s'il faisait résistance. Le prince s'empressa de quitter Corinthe, de débarquer avant l'heure indiquée et de gagner Athènes au plus vite. Mais l'instruction n'ayant point découvert de coupables, les sous-officiers furent acquittés par le conseil le 9 janvier 1862. Ce conseil venait déjà d'absoudre les personnes accusées d'avoir voulu faire évader Dosios, sauf le sergent Zyakakis , qui fut condamné à cinq aps de réclusion.

L'année 1862 s'annonça sous des apparences

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