‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 275 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

en général , grâce à la bureaucratie et à la police, rendre les constitutions fort peu gênantes pour les souverains , ne pouvait être un ennemi de la centralisation. En outre, il ne manque point de gens parmi les Hellènes qui redoutent pour leur pays Tesprit étroit, hargneux et fanatique des municipalités. Ces derniers citent l'exemple de la Suisse, où rassemblée fédérale a été tant de fois obligée de réprimer des passions locales que le moyen âge n'eût pas désavouées. Il ne paraît pas que M. Canaris se soit assez préoccupé de la nécessité de rendre impossibles des abus analogues.

Il était plus frappé , ce semble , de la difficulté de partager les portefeuilles entre les chefs de l'opposition. En effet, cette difficulté était particulièrement sérieuse pour un homme qui s'est plus occupé de guerre que de finances, de marine que d'instruction publique. Ne devait-il pas craindre que quelques-uns des membres de l'opposition , appartenant à la génération nouvelle et plus habitués que lui à l'étude des questions pédagogiques , financières et économiques ne prétendissent à la présidence du conseil? Si le roi n'avait d'autre but que de démontrer l'im-

puissance de l'opposition à s'entendre , ne pou* vait-il pas exciter ces prétentions personnelles qui sont tellement irritables partout ^ qu'on a vu des conservateurs appartenant au même camp, tels que MM. Mole et Guizot, se livrer en 1837 des combats acharnés^ et préparer par leurs discordes la révolution de 1848?

Pour rendre cette tactique impossible , l'amiral se proposait de s'entendre avec les « chefs les plus connus et les plus estimés de l'opposition, MM. Christidis, Voulgaris* et Zaïmis*. > Ainsi il destinait les finances à M. Christidis; l'intérieur à M. Voulgaris ; les cultes et l'instruction publique à M. Thrasybule Zaïmis ; la guerre à M. Dimitri Mavromikhalis ; les affaires étrangères à M. Panaghiotti Soutzos; la justice à

* « Vous aurez peut-être quelque jour notre appui , disait le Journal des Débats à M. Guizot , mais notre estime , jamais ! »

* Tandis que l'Occident se sert pour les noms anciens du système d'orthog;raphe arbitraire mais logique que j'ai suivi ; pour les noms modernes , tantôt il se conforme à la prononciation , tantôt il en tient peu ou point de compte. Ainsi il traduit BoûX- Y^P^^ par Boulgarès, Bulgari, Boulgari, Boulgaris, Voulgaris. Cette dernière forme est plus en rapport que les autres avec la prononciation. Au milieu de ces innombrables variations, j'ai pour les noms propres tenu compte de la prononciation. Ainsi j'écris Bhangavis , Botzaris, etc.

' R. de Courcy , La Grèce sous le roi Oihon,

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