‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 276 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

M. Caligas ou à M. Petzalis. Lui-même se réservait la marine et la présidence du conseil.

M. Canaris s'attendant à chaque moment à être appelé auprès du roi pour la formation du ministère , chargea le futur ministre des affaires étrangères de rédiger une proclamation au peuple dont voici la traduction :

€ Le roi ayant mis entre nos mains les rênes de l'État y nous avons pris sur nous de faire de la charte une vérité. Un gouvernement bouclier de la royauté irresponsable et capable de la couvrir, parce qu'il se compose de ministres qui peuvent garantir la responsabilité de tous leurs actes, est déjà institué. Le nouveau ministère va donner au pays le véritable régime constitutionnel; il le lui donnera dans sa plénitude, grâce à la convocation d'un parlement librement élu par les citoyens, sans aucune intervention du pouvoir exécutif, ni désignation de candidats faite par lui. C'est ainsi que , dés à présent, acquièrent une existence réelle , d'un côté le principe de l'irresponsabilité du souverain, la plus noble des prérogatives royales , et de l'autre celui de la libre élection, le plus sacré des droits du peuple. L'abrogation des lois qui portent directe-

ment ou indirectement atteinte à notre pacte fondamental , sera le premier acte de la représentation nationale , qui préparera et volera aussi une loi sur la responsabilité.

« Telle est la mission que nous allons remplir législativement.

«Un royaume offrant en Orient le modèle d'un État policé et toujours progressant par l'adoption de toutes les réformes sociales faites dans l'Europe civilisée, un royaume capable de défendre par sa milice citoyenne ses institutions , ainsi que ses frontières, et s'attirant le respect de ses voisins : voilà l'œuvre à laquelle nous nous sommes dévoués et que nous nous efforcerons de réaliser comme gouvernement. Nous avons pris pour principe la prospérité nationale et nous allons au plus tôt ordonner la cessation du gaspillage des deniers publics ; — la réduction des impôts dont le pays est grevé; — l'établissement de banques agricoles ; — la distribution des terres nationales aux prolétaires qui vont ainsi devenir propriétaires; — enfin des récompenses au profit de ceux qui se sont distingués dans la guerre de l'indépendance. »

Après avoir rappelé la lutte mémorable de sept

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