‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 281 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE I

liens d'amitié, rAngleterre n'est liée en Orient de cette façon qu'avec la Turquie. L'affaire Pacifico l'a montrée beaucoup moins bienveillante pour la Grèce , et les déclarations qu'on a attribuées à son ministre à Athènes (septembre 1862) sont un indice de son opinion relativement à <( l'affranchissement des Panhellènes. »

M. Canaris put, pendant trois mois entiers y réfléchir sur la politique qu'il suivrait. Chaque jour, on répétait qu'il allait être appelé au palais. Pendant que le roi délibérait avec sa lenteur ordinaire, le public s'occupait moins du futur ministère que des quatre procès dont j'ai parlé. Les amis de M. Canaris ont dit que ces procès n'avaient d'autre but « que de le compromettre moralement et de le rendre suspect de tramer des complots contre la monarchie. » Cette assertion semble hasardée. Il est évident que le procès d'Aristide Dosios n'avait d'autre cause que l'attentat. Quant aux autres , le gouvernement était poussé par une inquiétude réelle, et les événements de 1862 ont prouvé — M. de Courcy le fait observer avec raison •-- qu'elle avait quelque fondement.

On ajoute avec plus de vraisemblance que tous

les moyens furent employés pour diviser l'opposition. Il est positif que y même avant que le roi eût chargé M. Canaris de former un ministère, des symptômes de division se manifestèrent assez clairement pour inquiéter l'amiraL Ce fut alors qu'il rédigea, le 22 janvier, un mémoire dont les doctrines lui paraissaient propres à rallier toutes les fractions de l'opposition. Voici la traduction de ce mémoire :

lo Un premier ministre responsable désignera ses collègues à la nomination du roi et les remplacera quand il le jugera à propos.

2o Le premier ministre aura toute liberté d'action, en ce sens que le roi conservera le droit de discuter cbaque projet de loi ou d'ordonnance et d'y apposer sa signature ; mais ne pourra point en remettre indéfiniment l'exécucution en ne signant point.

S^ La camarilla ^ , constituant aujourd'hui un ministère occulte — qui reçoit les ministres, le nomarque de l'Altique , le préfet de police —

* Ua écrivain d'une opposition plus avancée, le docteur Gou< das, se montre irrité à la page 74 de son deuxième Memoran^ dum (Gorfou 1862) de Texistence et de la composition de cette camarilla.

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