PARTIE V. — LIVRE I
duelles empêchassent, comme par le passé, les partis de rien abandonner de leurs vues et de leurs antipathies; soit qu'on ne crût pas à la volonté arrêtée du roi de changer de ligne, M. Voulgaris, chez qui Canaris se présenta en sortant du palais, refusa sans hésitation de faire partie de la nouvelle administration. Le lendemain matin, M. Zaïmis ne voulut entrer au ministère qu'avec d'autres hommes politiques, tels que MM. Christidis et Spyro Milios. Cependant M. Canaris avait pris l'engagement de se présenter au palais à trois heures avec une liste. Dans cette situation embarrassante, il appela auprès de lui ses amis personnels, MM. Panaghiotti Soutzos et A. Petzalis : « Pour avoir autrefois , leur dit-il, attendu une heure l'arrivée des Hydriotes , mes compagnons d'armes, j'ai perdu l'occasion de brûler Alexandrie et ses deux cents vaisseaux turcs.» Préoccupé de ce souvenir, il dicta la liste suivante :
MM. Canaris, président du conseil, à la marine; le sénateur Anastase Mavromikhalis S à la guerre; Dimilri Calliphronas , à l'intérieur; P. Soutzos , aux affaires étrangères ; M. Schinas ,
* Fils du dernier bey de la Maïna.
aux cultes et à Tinstruction publique; A. Petzalis, à la justice; — le nom du ministre des finances resta en blanc.
Sur ces entrefaites parut M. Christidis. Dès le commencement de la crise, le Patriote heUèiie^ journal de cet homme d'État, s'était montré très -peu favorable à M. Canaris. Cependant M. P. Soutzos ayant vivement pressé M. Christidis de ne point laisser l'opposition s'annuler par ces divisions, il consentit à voir ramîral et vint le trouver à deux heures et demie. Mais son arrivée ne simplifia point la situation. Il demanda, comme M. Zaïmis , l'entrée au ministère de M. Spyro Milios. Il tenait, en outre, à avoir pour collègues MM. Zaïmis et Voulgarïs. Celui-ci se présenta chez M. Canaris au moment où il allait partir pour le palais. L'amiral n'ayant pu décider MM. Christidis et Voulgaris à accepter rintérieur et les finances , les laissa dans son cabinet, où ils continuèrent à causer jusqu'à son retour. Il ne paraissait pas douter le moins du monde du succès de son entreprise, quoiqu'il n'eût pu s'entendre avec les hommes les plus importants de l'opposition, MM. Christidis, Voulgaris et Zaïmis.