PARTIE V. — LIVRE II
possédait la place la plus forte et l'arsenal du royaume? C'est une facile victoire cachetée au prix de la corruption >, selon les uns ^ ; d'autres l'attribuent à la ruse. Une correspondance du Nord (septembre 1862) affirmait comme une chose universellement connue à Athènes que le gouvernement avait eu recours à l'intervention du général Garibaldi qu'il aurait trompé par un faux exposé de la situation. M. de Courcy met en avant d'autres motifs : la modération habile d'un officier suisse, le général Hahn, qui commandait l'armée du roi, la bienveillance du parti de l'ordre , « Yatlilude des légations étrangères et leur abstention ouvertement sympathique au gouvernement royal. » Il est à regretter qu'un écrivain, qui appartient à la diplomatie , se soit borné à ces indications vagues. L'abstention sympathique de la Turquie et de l'Angleterre , son aUiée fidèle, n'a rien de surprenant quand on songe qu'un soulèvement des Hellènes soumis au sultan — soulèvement qui a toujours été la terreur de la Grande-Bretagne — pouvait être la conséquence de l'insurrection de Naupli. Quant aux ministres d'Autriche et de Bavière, leurs rela-
* Docteur Goudas, Deuxième Mémorandum ^ p. 5.
576 l'insurrection de naupli.
lions avec la cour étaient précisément un des griefs des adversaires du gouvernement qui , dans leur rude langage, affirmaient que «recevoir toujours dans l'intimité de ses conseils le ministre d'Autriche et son acolyte inséparable , le ministre de Bavière, c'était introduire l'ennemi dans la place *.> S'il s'agit de la France, il est vrai que le correspondant du Sémaphore de Marseille, ordinairement bien informé, a dit que les Français avaient vu de mauvais œil le représentant de leur pays sortir de la neutralité. Mais les journaux dévoués au roi Othon se sont montrés trop souvent irrités de l'attitude de M. d'Ozérov pour qu'on puisse raisonnablement douter de sa € sympathie]^ en faveur du € système jd.
Le gouvernement ayant amnistié presque tous les militaires insurgés à Naupli , soldats et officiers, dix-neuf de ces derniers, exclus de l'amnistie, s'embarquèrent pour Smyrne avec cent trente exilés volontaires. Les réfugiés de Smyrne, à peine établis sur la terre étrangère , s'occupèrent de leur «pologie. Cette apologie, publiée par M. Goudas, qui^ après avoir depuis mon
* Docteur Goudas, Deuxième Mémorandum adressé aux puissances protectrices, Corfou 1862.