PARTIE V. — LIVRE II
départ d'Athènes , subi un emprisonnement de quinze mois, avait cherché un asile à Smyrne * , a paru à Corfou sous le titre de Mémorandum aux trois puissances protectrices de la Grèce et au monde civilisé.
«Nous considérons comme un devoir, dit en débutant le Mémorandum , de déclarer les motifs qui ont contraint , d'une part , toute la nation grecque à se mettre en pleine révolte morale , et de l'autre , nos frères à-Nauplie et nous-mêmes à défendre, au prix de tous les sacrifices, les droits de la nation grecque foulés aux pieds. »
I. Les trois puissances protectrices et la Bavière avaient, en élevant le trône du roi Othon, promis une Constitution , et ces promesses ne furent pas réalisées. Il faut imputer à ce manque de loyauté tant d'insurrections dont les Bavarois rendent responsable la turbulence des Hellènes.
IL Lorsque la dernière de ces insurrections eut arraché au roi la Constitution du 3/15 septembre 1843 , la plupart des articles furent dans la suite «violés et méconnus. »
lo Ainsi, quoique la Charte garantisse l'égalité devant la loi , les délits et les crimes des pe-
* Troisième Mémorandum , p. 16. Paris, Dentu, 1862.
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578 L'niSURBECTION DE NAUPLI.
iiis sont punis cavec la dernière rigueur», et les forfaits demeurent sans châtiment quand ils sont commis « par ceux qui sont dévoués à la cour.»
2o Malgré Fart. 4 sur la liberté individuelle , et l'art. 13 qui abolit toute torture , cune foule de citoyens ont été molestés y violentés , poursuivis , arrêtés , emprisonnés , fouettés , ou sont morts dans les tortures. »
3" L'art. 7 qui permet aux Hellènes d'adresser leurs plaintes aux autorités, n'a pas été mieux respecté.
4** On n'a tenu aucun compte de l'art. 8 qui garantit l'inviolabilité du domicile.
5^ L'art. 10, qui établit la liberté delà presse, n'a pas donné lieu à moins d'abus , tantôt l'écrivain subissant injustement des détentions préventives, tantôt la mauvaise organisation des tribunaux l'exposant à des condamnations iniques.
6^ Les fonctionnaires ont affiché audacieusement leur mépris pour l'art. 14, qui garantit le secret des lettres.
7o Les art. 20 et 23 établissent bien la responsabilité des ministres; mais le gouverne-