‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 292 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE II

que ces journaux expliquaient la perpétuelle agitation qui régnait en Grèce par le déplorable caractère de ses habitants, incapables de comprendre Texcellence du recht bavarois. Or M. le docteur Goudas , se reportant à l'époque ou le pays était gouverné par des indigènes , s'attachait à prouver qu'il a montré des vertus inconnues au temps présent.

La Grèce avait été tellement ruinée après l'insurrection de 4770 que «plusieurs voyageurs parcourant son territoire à cette époque , purent soutenir que la race hellénique avait complètement disparu. D Cependant, dès 4821, grâce à leur constance et à leur activité , les Hellènes avaient pu reconstruire leurs demeures , refaire leurs fortunes et entreprendre contre leurs tyrans une lutte de sept années. Sans trésor public , sans munitions, sans solide organisation politique , ils ont réussi à entretenir une armée de 25,000 hommes, une flotte de 450 navires, et à dépenser annuellement la somme énorme, pour un petit pays , de 30,000,000 de francs. L'instruction militaire ne manquait pas moins que l'organisation gouvernementale, et cependant, avec des agriculteurs , des bergers , des ouvriers ,

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d'anciens armatoles , « la Grèce d'alors soutint les si^es héroïques de Hissolonghi et d'Athènes, elle gagna les batailles de Lala, de Manaki, de Poltsalabon , d'Amplani , d'Arachova et de Dervenakia. » L'ardeur du patriotisme suppléait au manque de tactique. Karaîskakis, devenu chef d'armée, était un obscur fantassin au service d' Ali-pacha ; Griziotis , qui parvint au grade de général de division , un simple berger ; un modeste capitaine de navire fut transformé en amiral. Ces soldats rudes, mais héroïques, ces < démogérontes ^ et ces députés élus librement par le peuple » délivrèrent une partie du sol hellénique et acquirent à la Grèce les sympathies du monde civilisé qui menacent aujourd'hui de s'en éloigner.

Capodistrias , à qui M. de Courcy a rendu justice dans un recueil où M. de Gobineau l'avait fort maltraité en 1841 , Capodistrias, malgré des <L fautes politiques i> , maintint à la Grèce sa bonne réputation. Il fit servir l'argeftt des Hellènes c au bien du pays. > 11 employa les revenus de rÉtat à la création d'établissements, publics , c à

* Le démogéronte , chef de la municipalité, administrait sous la surveillance d'un haut fonctionnaire national, le primat.

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