PARTIE II. — LIVRE IV
une barrière infranchissable pour les Lacédémoniens. Vaincus et dispersés, les Messéniens conservèrent fidèlement la langue et les usages des Doriens jusqu'au moment oùÉpaminondas, après avoir abattu l'orgueil de Sparte , les rappela dans un pays que leurs pères avaient si bravement défendu. Le général des Thébains^qui avait opposé Mégalopolis à Lacédémone , voulut qu'on bâtît à la' base de l'Ithome, où Âristodème avait fait une si énergique résistance, une place redoutable, à laquelle il donna le nom de Messène. La Messénie , ayant repris son rang parmi . les États libres, fit partie de la ligue achéenne. Elle subit avec la même répugnance que la Grèce la domination romaine. Mais cette domination était tellement antipathique aux Hellènes , qu'ils profitèrent de toutes les occasions pour s'en affranchir. Les empereurs de Byzance furent obligés de se transformer en Hellènes. L'Église, complètement nationalisée , commença contre la papauté cette lutte qui a été continuée en France par les Capétiens gallicans, en Angleterre par les Tudor , en Scandinavie par le grand Gustave Wasa et par Gustave-Adolphe, en Allemagne par les électeurs de Saxe. La papauté était trop visi-
bleraent la continuation de l'autorité du César grand-pontifie (pontifex maximus)^ autorité attaquée par tous les docteurs de langue grecque , les Justin, les Athénagore, les Clément d'Alexandrie, les Origène, les Athanase, les Chrysostome , pour que le clergé hellénique se niontrât favorable aux prétentions du patriarche de Rome, quoiqu'elles fussent loin d'être au temps dePhotius ce qu'elles sont devenues au siècle des Grégoire VII , des Innocent III , des Boniface VIII et des Pie V.
Tandis que Rome opposait les prodiges à ses adversaires, les Orientaux invoquaient également les miracles en leur faveur. Les caloyçrs de la Messénie n'ont pas été moins portés à créer des légendes ou à les accepter que les moines occidentaux. Le midi est propice aux événements surnaturels. En Italie et en Espagne, les miracles pullulent même de nos jours. La sœur Patrocinio , devenue l'oracle de l'Espagne constitutionnelle, n'a-t-elle pas reçu du ciel une statue de la Panaghia? Les gens de Montenero , près de Livourne , croient encore , avec un touriste français*, que leur Madone estar-
^ Voy. M. de Mont-Rond , La vierge et les saints en Italie.