‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 4 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE IV

rivée à travers les airs de Tîle d'Eubée et qu'elle a opéré une multitude de merveilles. Les moines du couvent de Vourcano , qui occupe probable* ment sur le sommet de l'Ithome remplacement du temple de Zeus Ithomate, antérieur àÉpaminondas , ont aussi reçu du ciel une Panaghia miraculeuse. Au temps où l'un des empereurs qui portèrent le nom d'Ândronic régnait à Constantinople, un orage violent et merveilleux éclata sur la montagne. D'éclatantes lumières brillaient au milieu des nuages noirs ; des bruits extraordinaires faisaient pressentir quelque événement surnaturel. Lorsque la tempête cessa , des pasteurs aperçurent dans les branches d'un arbre une image de la Panaghia que les anges y avaient déposée. Quelques ermites qui vivaient dans l'endroit où le monastère a été construit plus tard essayèrent en vain de l'apporter dans leur église. Elle retournait sans cesse au sommet du mont, où l'on finit par lui bâtir une chapelle. Cependant la guerre de l'indépendance fit craindre pour cette précieuse relique ; on essaya de la redescendre au couvent où , vu la gravité des circonstances, elle consentit à rester. Le monastère de la Panaghia de Vourcano ou des

Cyprès ne dut pas seulement sa réputation au miracle singulier qu'on croit s'y être accompli. Le paysage que Ton peut contempler de ces hauteurs est un des beaux paysages de la Grèce. On embrasse d'un seul coup d'œil la vaste et fertile plaine qu'arrose le Pamisus , les montagnes arcadiennes, la chaîne du Taygète et les plaines d'azur du golfe de Messénie.

Lorsque l'armée française débarqua en Messénie dans la plaine arrosée par le Bias pour chasser Ibrahim du Péloponèse , où il s'archarnait contre les arbres et contre les moissons, le maréchal Maison et ses soldats furent effrayés de l'état où se trouvait celte province , dont le fertilité est proverbiale. Bory de Saint-Vincent s'étonnait et de la beauté du pays qu'il compare à l'Andalousie et des ravages des barbares. 11 trouvait «les palmiers coupés à hauteur d'appui dans un pur esprit de destruction » et seulement quelques arbres fruitiers «échappés à la fureur musulmane. » Il y a vingt ans (vers 4840) la Messénie était loin d'avoir guéri ses blessures. Les barres de sable qui empêchaient les fleuves de communiquer avec la mer produisaient des lagunes et des étangs dont les émanations in-

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