‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 30 sur 339 · PARTIE II. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE V

lions pareils aux lions de Philae. On peut dire aussi que les lions de Mycènes — dont malheureusement la tête a été brisée et qui rappellent les lions rampants des armoiries — ont une certaine analogie avec les animaux représentés sur les monuments de Persépolis et de Ninive. Ces ressemblances indiquent assez leur caractère essentiellement primitif.

Le trésor des Atrides, que d'autres nomment tombeau d'Agamemnon , et qui , selon quelques archéologues , aurait été à la fois un trésor et un tombeau , est Tédifice le mieux conservé de Mycènes. Il est vrai que des murs de six mètres d'épaisseur étaient bien faits pour braver les outrages du temps. Un passage à ciel ouvert formé par deux murs pélasgiques mène à la porte. Le linteau est fait de deux pierres énormes juxla-posées dont la plus grande a environ huit mètres de longueur. Dans une ouverture triangulaire pratiquée au-dessus de la porte croît un figuier. J'entrai dans ce curieux monument avec une bougie allumée. La pièce principale est vaste et surmontée d'une voûte de forme parabolique comme la salle de la seconde pyramide d'Egypte. La pièce attenante, creusée dans le roc, est plus

basse et plus étroite que la première. Le cicérone y ayant fait du feu avec du thym , il me fut aisé de l'examiner à mon aise. Dans aucune de ces deux pièces je ne trouvai le moindre fragment des plaques de bronze qui les recouvraient , et des clous du même métal qui les attachaient.

Ces plaques , qui rappellent la « tour d'airain j où fut enfermée Danaé , fille du roi d'Argos , tendraient à faire attribuer une origine phénicienne, c'est-à-dire sémitique, au trésor des Atrides, car un placage pareil existait dans le temple de Salomon, monument de l'art phénicien, construit par l'architecte Hiram dont le nom joue un si grand rôle dans la franc-maçonnerie. J'ai appris de bonne source ^ue la dalle qui couvre le trou circulaire de la voûte avait à son centre une chaîne de métal, sans qu'il ait été possible de savoir si cette chaîne était de cuivre ou de fer, circonstance essentielle pourtant, l'âge de cuivre ayant précédé l'âge de fer, comme l'âge de pierre, cette enfance de la civilisation , a précédé l'âge dé cuivre.

Lorsqu'on visite le trésor des Atrides, l'imagination se reporte sans efibrt vers ces siècles rudes, mais pleins de caractère, dont le plus grand des

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