‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 309 sur 339 · PARTIE V. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V. — LIVRE III

eut la pénible mission de faire connaître à LL. MM. la vraie situation des choses , et une députation du gouvernement provisoire d'Athènes vint ensuite signifier au roi sa déchéance. » Ce prince montra l'espèce de résignation passive qu'on remarque dans la proclamation qu'il adressa aux Hellènes pour prendre congé d'eux. On ne trouve dans cette pièce aucune des injures grossières ni des déclamations haineuses que François II et surtout Pie IX ont prodiguées tant de fois à leurs adversaires dans des pièces analogues. Le roi affirme qu'il a toujours eu de bonnes intentions et qu'il a traité ses ennemis avec douceur et clémence. Il termine en adressant au Tout-Puissant des vœux pour la Grèce. Cette attitude, qui n'était pas sans noblesse , rappelle la chute de Charles X, prince dévoué comme Othon I«r aux intérêts catholiques, et qui n'était pas mieux préparé que lui , par son caractère et son éducation , à occuper un trône dans des circonstances qui eussent exigé tant de vigueur, de dévouement et de lumières.

La reine, qu on avait crue jusqu'alors beaucoup plus énergique que son époux , ne parvint à cacher ni ses larmes abondantes ni son pro-

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614 LA RÉVOLUTION d'OCTOBRE.

fond abattement. Le bruit s'étant répandu depuis quelque temps qu'elle détestait les Hellènes et qu'elle partageait tous les sentiments exprimés dans les journaux austro-bavarois par la secte justement impopulaire des Fallmerayeristes , sa douleur ne donna lieu à aucune de ces manifestations sympathiques qui consolent les rois dans leur chute et qui ne manquèrent pas plus aux Bourbons qu'à Napoléon I^r. Quelques Hellènes , attachés à la personne de LL. MM. et décidés à partager leur destinée, se montrèrent seuls touchés de la situation du couple royal. En voyant, en 4860, chez une des demoiselles d'honneur qui ont suivi la reine en Bavière , tant de portraits autrichiens, et pas un souvenir des magnanimes soldats de l'indépendance hellénique, je n'avais pu m'empêcher de penser qu'en bravant ainsi les légitimes rancunes du sentiment national contre les meurtriers de Rhigas, les geôliers d'A. Hypsilantis et du prince M. Soutzos , on s'exposait à aller « là où on avait déjà son cceur. »

Dans la nuit du 24 , le roi et la reine abandonnaient la rade de Salamine sur la frégate anglaise ScyUa. Obligé de se rendre à l'évidence, le roi

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